Cafés, hôtels, restaurants : vos employés à impliquer et à rassurer pendant le déconfinement

08/06/2020 - 3 min de lecture

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Cafés, hôtels, restaurants : vos employés à impliquer et à rassurer pendant le déconfinement

Qui dit période sanitaire exceptionnelle, dit, pour les CHR, ajustements adaptés et équipes fédérées au sein des établissements. Combattre massivement l’épidémie au sein des établissements et permettre des réouvertures sereines, c’est l’affaire de tous : des employés, des managers et des directeurs. Entre hygiène et respect de nouvelles consignes, il faudra miser sur le travail d’équipe, la sécurité et l’implication de tous dans le protocole sanitaire en vigueur. Mais, par où commencer ? Nos experts sélectionnés par la Rédaction Bottin Gourmand vous donne leurs principaux conseils.

HYGIÈNE CORPORELLE ET PORT DU MASQUE : UNE OBLIGATION POUR TOUS

Quel que soit l’établissement – café, bar, restaurant, hôtel – de nouvelles mesures d’hygiène et de distanciation devront être mises en place au sein des équipes.

Les équipes hôtelières, les personnels de salle et de restauration doivent impérativement porter un masque et se laver les mains régulièrement, au moins toutes les heures. La visière peut être une solution, mais elle ne dispense pas le port d’un masque. Elle complète seulement l’équipement.

Dans les cuisines, le lavage des mains devra être plus régulier, toutes les 30 minutes minimum. En plus du masque, le port d’une charlotte ou d’un filet devient obligatoire. Le tout pour limiter les risques de propagation du virus. Les équipements de protection individuelle devront être fournis par l’employeur. Et les masques devront être distribués en fonction du nombre d’heures travaillées, par employé.

DES DISTANCES RESPECTÉES ENTRE LES EMPLOYÉS

Chaque établissement devra fixer des règles permettant d’assurer une distanciation physique, en fonction des configurations des locaux.

Dans les cafés et lieux de restauration, l’emplacement des mobiliers – tables, chaises et buffets – devront être adaptés à la situation exceptionnelle pour permettre une distanciation physique idéale entre les clients eux-mêmes et les personnels de la restauration. Idem dans les pièces ne recevant pas le public.

La difficulté sera de mise pour les petites structures. Dans ce cas-là, précisez les règles rapidement auprès des équipes : une seule personne dans la réserve en fonction de la taille de celle-ci, une seule personne derrière le comptoir ou au service. Pour, à chaque fois, limiter les croisements de personnels.

En fonction de vos activités, les plannings seront ajustés pour éviter les tâches à plusieurs au même endroit et le croisement du personnel. Il faudra aussi prendre en compte l’allongement des temps de ménages et de désinfection des locaux, notamment dans les zones de restauration et les chambres des hôtels ou lieux recevant du public. C’est toute une organisation à revoir pour mettre en sécurité salariés et clients.

Pour les employés qui utilisent des moyens de transports en commun : respect de la distance minimale de 1m et lavage des mains obligatoire à l’arrivée dans l’entreprise. L’employeur pourra aussi remettre des kits de masques supplémentaires aux personnels effectuant des trajets en bus, en métro, en tramway.

UNE ORGANISATION PRÉCISE EN FONCTION DES ÉTABLISSEMENTS

Au sein des structures importantes, les directeurs seront invités à associer étroitement les représentants du personnel et leurs instances représentatives s’il en existe, CSE et CSSCT en particulier. L’idéal sera aussi de désigner un référent COVID-19 pour l’établissement, chargé de prévention par exemple. Cette personne prendra soin de bien coordonner les mesures à mettre en œuvre et à faire respecter au sein de toutes les équipes. Des réunions doivent permettre d’adapter régulièrement les nouvelles mesures et leurs évolutions si besoin.

Quant aux petites structures, petits restaurants et cafés de quartier, l’organisation pourra prendre des allures un peu moins protocolaires. Cependant, organiser des réunions régulières voire quotidiennes avec le personnel doit rester une priorité pour faire connaître les consignes et obtenir l’adhésion de tous. Les réunions à l’air libre sont à privilégier. Tout en respectant les distances minimales de sécurité entre les employés. En cas de roulements d’équipes, des points téléphoniques pourront suffire.

Pour tous, un seul mot d’ordre : rassurer. Et accompagner au mieux les différents personnels. « Partout, les chefs d’entreprise ont à cœur de respecter les règles de distanciation. Et, on sent que les salariés sont motivés pour reprendre le travail, déclare d’emblée Didier Chenet, président du synhorcat, syndicat national des hôteliers restaurateurs cafetiers traiteurs. Or, on note d’ores et déjà une grande indiscipline de la part des clients. Ils ne portent pas forcément leurs masques. C’est aux antipodes de notre métier, d’accueil et de service. Dans ces cas précis, il faut prévoir un stock de masques que vous employés remettront aux clients réfractaires, c’est un coût supplémentaire, certes, mais c’est important. L’autre solution, plus radicale, c’est le refus du client. Il en va de votre responsabilité. »

GESTION DES SUSPICIONS : LA SÉCURITÉ DE TOUS AVANT TOUT

Si un employé présente des signes suspects de maladie à coronavirus, il devra se faire dépister et une quatorzaine pourrait être instaurée. Dans tous les cas, les employés, agents d’entretien et de sécurité devront se voir refuser l’accès à l’établissement en cas de douté avéré : toux, température, perte d’odorat ou de goût. Et ce, même avec le port d’un masque chirurgical. Car le risque inhérent, c’est la contamination des autres employés, des clients et la fermeture temporaire de l’établissement.

Il sera également du ressort des chefs d’entreprise de porter une attention toute particulière aux employés ayant une santé fragile. « Nous invitons, plus que jamais, les directeurs, chefs d’entreprises et chefs d’équipe à être à l’écoute de tous les employés. De débriefer en début de journée, ou de service. Ainsi qu’à la fin. D’écouter les questions et d’y répondre. Et, de rappeler aussi souvent que nécessaire les consignes du protocole sanitaire, » conseille Didier Chenet.

Dans tous les cas, partout en France, les services de la préfecture, services vétérinaires et d’inspection du travail seront en charge d’effectuer des rondes régulières pour sensibiliser les chefs d’entreprise et vérifier la bonne application du protocole sanitaire.

RELANCER LE TOURISME : L’HUMAIN AVANT TOUT

Au-delà du protocole sanitaire, rappelons que le rôle des collaborateurs, en salle ou dans les hôtels, sera primordial pour accompagner le changement, comme le rappelle Gil Galasso, Maître d’Hôtel & Meilleur Ouvrier de France

En contact direct avec le client, ils seront plus que jamais aux avant-postes pour accompagner le changement. Ce sont eux qui vont recréer du lien entre la clientèle et l’établissement grâce à leurs qualités humaines. Ils seront-là pour rassurer les clients par leur posture sereine, leur discours apaisant et leur savoir-faire. Plus que jamais, ils devront agir comme des ambassadeurs du lieu où ils travaillent, mais aussi comme faire-valoir des produits du terroir qui font la spécificité de chaque cuisine. La période qui s’annonce est incertaine en termes de fréquentation et de chiffre d’affaires, « malheureusement beaucoup d’entreprises, petites et grandes, vont fermer. Et certaines n’ont même pas l’intention de rouvrir, car elles seront, de toutes les façons perdantes », glisse Didier Chenet. Mais cette période présente aussi une formidable opportunité de réfléchir à de nouveaux codes pour une restauration française et un service hôtelier en quête de diversification.

 

Retrouvez les autres articles de notre guide conseils "Vos démarches pour une reprise sereine post-confinement "

 

    À lire également : Covid-19 et professionnels du tourisme : quelles sont les aides ou mesures mises en place pour vous aider à redémarrer votre activité ?

 

 

© Bottin Gourmand – 5 juin 2020

Article à caractère informatif et publicitaire.

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