La souveraineté alimentaire revigorée ?
15/01/2022 - 2 min de lecture
Rubrique : Développement d'activité
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La souveraineté alimentaire revigorée ?
Les derniers chiffres du commerce extérieur témoignent d’une croissance du solde des échanges agricoles et agroalimentaires. Mais la reconquête de la souveraineté alimentaire demeure un grand chantier, selon un rapport du Haut-Commissariat au Plan.
En octobre 2021, l’excédent des échanges agroalimentaires français frôle les 1,1 milliard d’euros, son plus haut niveau depuis octobre 2014, selon la statistique agricole Agreste, Il progresse de 242 millions d’euros par rapport à octobre 2020 du fait de la croissance des exportations (+ 647 millions d’euros sur un an) de nouveau plus importante que celle des importations (+ 405 millions). L’excédent des produits agricoles bruts augmente de 165 millions d’euros sur un an pour atteindre 213 millions, principalement sous l’effet de la hausse des exportations de céréales, qui fait plus que contrebalancer celle des importations, notamment en produits de la pêche. Avec 859 millions d’euros, l’excédent commercial en produits transformés gagne 77 millions par rapport à octobre 2020. Là encore, la progression des exportations, toujours dynamisée par celle des boissons, est supérieure à celle des importations, tirées notamment par les achats de viandes et de produits de l’abattage.
EFFRITEMENT PROGRESSIF DU SOLDE COMMERCIAL AGROALIMENTAIRE
Ces bons chiffres ne doivent pas masquer une réalité : celle de l’effritement progressif du solde commercial agroalimentaire. Dans un rapport publié en 2019, la Commission des affaires économiques du Sénat estimait que la trajectoire empruntée par la France dans le secteur agroalimentaire la conduisait vers son premier déficit à l’horizon 2023, sous l’effet d’une combinaison de facteurs, à savoir, des charges plus élevées, une tendance à la surrèglementation, des taux de marge trop faibles dans l’industrie agroalimentaire et enfin des défauts de structuration des filières.
Si le scénario satisfait les pourfendeurs d’une agriculture à vocation exportatrice, il pourrait mettre à mal l’économie de bon nombre d’exploitations, les exportations générant 25% du revenu brut agricole, sans compter l’effet domino sur les entreprises de transformation et l’emploi dans les territoires. Du reste, en 2020, l’excédent agroalimentaire a chuté de 18,2% en 2020, s’établissant à 6,3 milliards d’euros.
REFUS DE LA FATALITÉ
Dans un rapport publié en décembre dernier, consacré à la reconquête de l’appareil productif et à la bataille du commerce extérieur, tous secteurs confondus, le Haut-Commissariat au Plan appelait au sursaut et au refus de la fatalité, tout en dressant un constat amer : « La France a des difficultés, en aval, à transformer sur le plan industriel l’essai agricole, c’est-à-dire à passer des produits bruts issus de l’agriculture aux produits transformés, à plus haute valeur ajoutée. La France présente ainsi à certains égards les caractéristiques d’une économie de pays en voie de développement ».
Le Haut-Commissariat au Plan appelle la France à reconquérir sa place de terre nourricière d’une partie de l’Europe et du monde, dans le respect des exigences environnementales. Cette stratégie de reconquête suppose la prise en compte simultanée de l’analyse du commerce extérieur, de la demande nationale et de la capacité à réimplanter des technologies qui ont échappé à la France.
650 millions d’euros. C’est, en 2020, le déficit cumulé des légumes qui composent une ratatouille (tomates, courgettes, aubergines, poivrons…), selon le Haut-Commissariat au Plan.
© Raphaël Lecocq – Uni-médias – Janvier 2022
Article à caractère informatif et publicitaire.
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