Azote : des limitations en vue
05/04/2022 - 2 min de lecture
Rubrique : Règlementaire
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Azote : des limitations en vue
L’azote joue un rôle déterminant sur le rendement des cultures et la qualité des productions mais son usage est de plus en plus contraint, du fait de ses impacts sur la qualité de l’eau et de l’air, ainsi que sur le climat.
L'azote est un élément essentiel pour la production de protéines végétales. L’élément agit aussi directement sur la croissance et la photosynthèse dont découlent rendement et qualité. Toutes les familles de végétaux absorbent exclusivement l’azote minéral présent dans les sols, à l’exception des légumineuses (pois, haricot, soja, luzerne…), capables de fixer l’azote contenu dans l’air.
Si l’agriculture biologique mise sur les légumineuses et sur les effluents d’élevage (lisier, fumier, fientes) pour satisfaire ses besoins, l’agriculture conventionnelle s’appuie en prime sur l’azote de synthèse, autrement dit sur le gaz naturel, matière première indispensable à la production d’ammoniac, précurseur de l’azote.
L’AZOTE, LA SANTÉ ET LA QUALITÉ DE L’AIR ET DE L’EAU
Qu’ils soient d’origine organique ou minérale, les engrais azotés sont susceptibles de générer des émissions d’ammoniac qui se dégradent sous forme de particules fines, à l’origine de nombreuses pathologies (asthme, allergies, maladies respiratoires ou cardiovasculaires...).
Dans le cadre du Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PREPA), en ce qui concerne les engrais organiques (effluents d’élevage), sera proscrit d’ici à 2025 le recours à des épandeurs à buses palettes sur les tonnes à lisier tandis que les effluents liquides et solides devront être enfouis dans les 12 heures suivant leur épandage pour limiter les émanations.
En ce qui concerne l’azote minéral (engrais de synthèse), la réduction des rejets d’ammoniac passe par le recours à des formes moins émissives telles que les ammonitrates, au détriment de l’urée et de la solution azotée.
Les deux catégories d’engrais sont aussi à l’origine de fuites de nitrates dans le milieu, générant des phénomènes d’eutrophisation. Depuis 1991, les nitrates font l’objet d’une surveillance à l’échelon européen, se traduisant par des programmes d’action quinquennaux visant à réduire les impacts dans les zones classées vulnérables.
LE PROTOXYDE D’AZOTE ET LE CLIMAT
Outre l’ammoniac, les engrais minéraux sont aussi susceptibles de rejeter dans l’atmosphère du protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre au pouvoir de réchauffement global 300 fois plus puissant que celui du dioxyde de carbone (CO2). Afin de réduire les émissions de ces deux gaz, la loi climat et résilience, promulgué en août 2021, a fixé au secteur agricole un objectif de réduction de 13% des émissions d'ammoniac en 2030 par rapport à 2005 et de 15% des émissions de protoxyde d'azote en 2030 par rapport à 2015.
Si, pendant deux années consécutives, les objectifs de réduction ne sont pas atteints, il est envisagé de mettre en place une redevance sur l'usage des engrais azotés minéraux, tout en veillant à préserver la viabilité économique des filières agricoles concernées et à ne pas accroître d'éventuelles distorsions de concurrence avec les mesures en vigueur dans d'autres États membres de l'Union européenne.
- 20%, les livraisons d’azote ont baissé de 20% au cours des 30 dernières années alors que la production de céréales a crû de 30% sur la période, selon l’Union des industries de la fertilisation (Unifa).
© Raphaël Lecocq – Uni-médias – Avril 2022
Article à caractère informatif et publicitaire.
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