Comment faciliter l'usage du vélo dans sa commune ?
18/01/2021 - 2 min de lecture
Rubrique : Tendances
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Comment faciliter l'usage du vélo dans sa commune ?
Les déplacements à vélo sont aujourd’hui au centre des questions de mobilité sur le territoire. Pour développer ce mode de transport, les collectivités ont un rôle essentiel à jouer.
« La part des déplacements à vélo en France reste bien trop basse : seulement 3 % des déplacements quotidiens, quand la moyenne européenne est de plus du double », indiquait le 14 septembre 2018, le premier ministre Edouard Philippe en introduction de la présentation du plan national du gouvernement pour convertir les Français à ce mode de déplacement. Un objectif est alors fixé : tripler la part du vélo dans les déplacements quotidiens, pour atteindre 9 % en 2024. Un objectif qui sera peut-être atteint bien avant cette date, au vu de l’accélération dans les villes de l’usage du vélo ces derniers mois à l’occasion des mouvements sociaux des transports publics et de l’épidémie de Covid-19.
Passer à l’action
Suite à la présentation de ce plan national, la Fédération des usagers de la bicyclette a formulé dans un guide intitulé Plan vélo : mode d’emploi, sept recommandations à l’attention des collectivités. Elle conseille notamment aux élus de se rapprocher des usagers cyclistes ou des associations pour co-construire le plan local vélo. Elle préconise aussi d’aménager les abords des écoles pour que les élèves puissent accéder à leur établissement à vélo et en sécurité. Pour financer différents projets à l’échelle de la commune, elle suggère de faire appel aux dispositifs mis en place par le gouvernement dont le fonds national « mobilités actives » qui a été doté de 350 millions d’euros. Ce fonds permet notamment de financer la réalisation de projets d’aménagement cyclables, comme la création de passerelles, la réhabilitation de ponts ou de tunnels, la sécurisation des franchissements de carrefours complexes, etc. Autre dispositif : l’appel à projets « vélo et territoires » opéré par l’ADEME, l’Agence de transition écologique, accompagne les territoires de moins de 250 000 habitants pour leur permettre d’anticiper la mise en œuvre du plan vélo. Il permet de financer des études, l’émergence de services vélo (ateliers de réparation, vélo-écoles, accompagnement, stationnement…), la mise en œuvre de services innovants (vélos en libre-service sans station, signalétique ou cartographie dynamique…), le recrutement de chargés de mission vélo et mobilités actives ainsi que des campagnes de communication. Enfin, la Fédération des usagers de la bicyclette conseille aux collectivités de faire appel à la Dotation de soutien à l’investissement local, dont une partie des fonds sont consacrés aux aménagements vélo. Les subventions sont à solliciter auprès des préfets de région.
Aménagement du territoire
Sur le territoire de la commune, le plan vélo formule plusieurs mesures à mettre en place, au-delà de l’instauration de pistes cyclables sécurisées et de zones de stationnement vélo. En premier lieu, la visibilité aux passages piétons doit être améliorée afin de garantir la sécurité des traversées piétonnes et la visibilité mutuelle avec les automobilistes, les cyclomotoristes, motocyclistes et cyclistes. Des « sas vélo », des espaces réservés en amont du feu de signalisation, doivent être aménagés sur la voirie. Cela afin que le cycliste à l’arrêt au feu soit visible par les véhicules motorisés, notamment les poids-lourds. Les élus sont tenus de développer des doubles sens cyclables sur l’ensemble de la voirie urbaine en agglomération jusqu’à une vitesse maximale autorisée de 50 km/h.
Autres actions à mettre en œuvre au niveau de la commune : sensibiliser les enfants à la pratique du vélo et favoriser l’apprentissage précoce des règles de circulation. Enfin, en février dernier, à l’approche des municipales 2020, le Club des villes et territoires cyclables, une association qui regroupe plus de 1 500 collectivités territoriales, a présenté une trentaine de propositions pour accompagner les élus dans cette transition écologique. Elles suggèrent notamment d’initier des bonus écologiques pour l’achat d’un vélo classique, d’un vélo pliant ou d’un vélocargo, qu’ils soient mécaniques ou à assistance électrique, de faciliter l’embarquement gratuit du vélo dans les transports en commun pour encourager l’intermodalité, de mettre en place ou renforcer les services de prêt et de location, d’encourager les livraisons à vélo ou encore de créer des structures d’accueil du tourisme à vélo. Autant de pistes à explorer pour les élus qui devront s’adapter aux nouvelles habitudes de leurs administrés prises lors de la crise sanitaire.
© Anne Le Mouëllic – Uni Médias – juin 2020