Crise du Covid-19 : la promesse d’une relance verte
02/09/2020 - 5 min de lecture
Rubrique : Tendances
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Crise du Covid-19 : la promesse d’une relance verte
La pandémie de Covid-19 a mis à l’arrêt, des mois durant, l’activité économique mondiale. Un véritable choc dans un monde déjà fragilisé par les conséquences du réchauffement climatique. Citoyens, experts, entreprises, gouvernements et ONG souhaitent voir dans cette crise l’opportunité de construire un monde nouveau. Les défis économiques et environnementaux de l’après Covid-19 sont immenses. C’est pourquoi le gouvernement, qui a présenté son plan de relance le 3 septembre dernier, mise sur la transition écologique comme levier de relance économique.
Décarboner les entreprises
Le plan de relance, baptisé France Relance, destiné à relever le pays suite à la crise économique, liée au Coronavirus, a été dévoilé par le Premier ministre Jean Castex, le 3 septembre. Le gouvernement souhaite placer la transition écologique au cœur de ce plan. Sur les 100 milliards d’euros alloués, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a indiqué que 30 milliards seront destinés « aux investissements dans la transition écologique ». Alors que des milliers d’emplois sont sur la sellette, des milliards d’euros vont être injectés pour relancer l’économie et sécuriser ainsi les emplois des Français tout en accompagnant les entreprises dans cette transition.
Selon un rapport publié par WWF et le cabinet Ernst & Young, ce budget permettrait de soutenir un million d’emplois d’ici à 2022 et 1,8 million d’ici à 2030. Le gouvernement veut cette fois orienter les prêts qui serviront à relancer l’économie pour que « toutes les décisions de relance favorisent un nouveau modèle de croissance fondé sur la décarbonation, la sobriété énergétique et les innovations vertes. Le plan de relance sera un plan vert » a indiqué Bruno Le Maire dimanche 26 juillet au Journal du dimanche. Il s’agit d’exiger des entreprises et des gouvernements des actions plus responsables. Ce sera le cas notamment pour les entreprises agricoles qui obtiendront des aides afin d’ « accélérer le renouvellement des équipements agricoles, ce qui permettra de diminuer le recours aux pesticides » comme l’a indiqué Barbara Pompili. De leur côté, près d’une centaine de dirigeants de grandes entreprises françaises ont signé une tribune, publiée dans Le Monde, pour que la relance économique soit un accélérateur de la transition écologique et appliquer le « Pacte vert » européen, avec pour objectif la neutralité carbone en 2050.
Rénover les passoires thermiques
Repenser les bâtiments comme les écoles et les Ehpad afin de réduire la consommation d’énergie est un autre secteur prioritaire du plan de relance du gouvernement. Suite au déconfinement, Emmanuel Macron a affirmé vouloir une « reconstruction économique, écologique et solidaire ». Une stratégie qui vise à accélérer la transition écologique tout en bénéficiant à l’emploi. C’est notamment le cas pour la rénovation thermique des logements. C’est d’ailleurs l’une des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Cette dernière propose de rendre obligatoire la rénovation énergétique globale des bâtiments d’ici 2040.
Avec ces investissements dans la transition écologique dès 2020, jusqu’à 406.000 emplois pourraient être soutenus dans la rénovation thermique des bâtiments selon WWF et EY. Lors du Conseil de défense écologique du 27 juillet 2020, le budget alloué au dispositif MaPrimeRénov’ a été doublé afin d’accélérer la rénovation des logements en France. D’autres mesures ont été décidées, comme le remplacement obligatoire de chaudières polluantes (charbon et fioul) dès 2022 par des alternatives plus respectueuses de l’environnement (pompes à chaleur, chaudières à granulés). Enfin, les passoires thermiques (plus de 500 kWh/m² de consommation annuelle) seront un critère de décence d’un logement afin de calculer sa performance énergétique. Une décision qui devrait également permettre de protéger les locataires.
Développer les énergies renouvelables
Avant la crise du Covid-19, la France avait entamé une lente transition vers les énergies renouvelables. La transition vers les énergies solaire, éolienne, hydraulique, géothermique ou encore la biomasse est la clé vers l’autonomie énergétique qui permettrait une meilleure résilience de la France. Le gouvernement veut capitaliser sur la crise du Covid pour s’orienter davantage vers des sources d’énergie autonomes. C’est pourquoi il mise tout particulièrement sur l’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables. Le 3 septembre dernier, Jean Castex a indiqué que que sept milliards d’euros sur dix ans seront mobilisés pour la filière de l’hydrogène « vert » qui pourrait devenir le carburant du futur. Pour Bruno Le Maire, ce budget sera « un élément clé de cette stratégie pour être indépendant en production d’hydrogène vert ».
Pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, la filière nucléaire continuera à produire 50% du mix énergétique en 2035. La pandémie a également eu un impact sur la demande de pétrole et de gaz, le baril de pétrole chutant à 20 dollars. Une situation qui encourage les grandes entreprises comme Total et Engie à accélérer leurs investissements dans les actifs renouvelables. Concernant le plan de relance, le gouvernement a pour feuille de route la Programmation Pluriannelle de l’Energie (PPE). Il souhaiterait atteindre 27% d’énergies vertes dans le mix énergétique d’ici 2023.
Verdir le transport
Le secteur des transports pèse lourd dans les émissions de gaz à effet de serre. À eux seuls, ils représentent 29% des émissions totales de GES dans l’Hexagone. Fret routier, aérien, trains et voitures, les mobilités sont essentielles au fonctionnement de notre économie. Le gouvernement souhaite consacrer 11 milliards d’euros dans ce secteur afin de développer les véhicules propres et développer l’hydrogène. La promesse de l’électrique fait également son chemin. Pour relancer le secteur automobile, le gouvernement a proposé différentes aides à l’achat dont un bonus écologique. Celui-ci peut atteindre jusqu’à 12 000 euros composés d’un bonus et d’une prime à la conversion lors de l’achat d’une voiture électrique ou hybride rechargeable ayant un taux d’émission de CO2 de 50g/km maximum.
L’avion est l’un des transports les plus polluants. C’est pourquoi, le gouvernement souhaite par ailleurs supprimer certains vols intérieurs, 40 fois plus émetteurs que le train. Le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a annoncé la fin des vols domestiques en France pour les trajets où l’alternative en train est inférieure à 2h30. Dans le même temps, la France dispose de l’un des réseaux ferroviaires les plus développés au monde. Ce mode de transport, plus respectueux de l’environnement, pourrait être privilégié à l’avenir. Le gouvernement a également indiqué vouloir relancer les trains de nuit. Enfin, il ne faut pas oublier le vélo. Face au risque de contamination, leur vente a explosé. Go Sport fait état d’une hausse des ventes de 300% cette année en comparaison à 2019. Le plan de relance prévoit 200 millions d’euros pour développer la circulation à vélo. Les kilomètres de pistes cyclables pourraient donc se déployer prochainement dans toutes les villes de France.
Stéphanie Haert, journaliste à la rédaction d’EconomieMatin.fr
Sources :
Nouvelle prime à la conversion automobile à partir du 3 août
Rendre obligatoire la rénovation énergétique globale des bâtiments d’ici 2040
Monde d’après : l’emploi au cœur d’une relance verte
Les énergies renouvelables face à la crise du Covid-19
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