Et si la crise sonnait l’heure de l’investissement responsable ?
29/09/2020 - 0 min de lecture
Rubrique : Epargne
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Et si la crise sonnait l’heure de l’investissement responsable ?
L’investissement responsable, aussi appelé Investissement Socialement Responsable (ISR), est passé en quelques années d’anecdotique à incontournable. Fin 2019, l’encours de l’investissement responsable dans la gestion d’actifs français pesait plus de 1.860 milliards d’euros, en progression de 32% sur un an.
Et si les épargnants pouvaient donner un sens à ses investissements, au-delà du rendement qu’ils sont en droit d’attendre ? C’est la raison d’être de l’Investissement Socialement Responsable, né aux États-Unis dans les années 70 avec la création d’un premier fonds ISR par deux pasteurs méthodistes, Luther Tyson et Jack Corbett. Le concept est importé moins de dix ans plus tard en France où c’est une sœur, Nicole Reille, qui porte sur les fonds baptismaux en 1983, un fonds qui n’investit que dans des entreprises respectueuses de la place de l’Homme.
D’empirique, ce qui n’est au départ qu’un idéal, devient pourtant rapidement une véritable stratégie d’investissement, à laquelle sont adossés bientôt d’autres critères d’évaluation : Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG). Ces critères de sélection séduisent les investisseurs institutionnels comme les particuliers, à tel point qu’en 2003, si l’ISR ne pesait que 3,9 milliards d’euros, dix ans plus tard, il en pesait soixante fois plus, soit 223 milliards.
L’ISR est passé de 3,9 milliards d’euros en 2003 à 1.861 milliards d’euros en 2019
Désormais, l’ISR joue dans la cour des grands d’après l’Association Française de la Gestion financière (AFG), qui estime que l’encours des mandats de gestion dédiés ESG atteint près de 900 milliards d’euros à fin 2019, celui des fonds ouverts ESG, 422 milliards, celui des mandats et fonds dédiés ISR 336 milliards d’euros, et celui des fonds ouverts ISR, 210 milliards. L’ensemble représentant un total de 1.861 milliards d’euros, soit l’équivalent des sommes placées sur des contrats d’assurance-vie par les Français, toujours à fin 2019.
Face à une telle croissance, on pourrait s’inquiéter du fait que le classement ISR ou ESG ne soient que symboliques. Pourtant, il n’en est rien : derrière, les grandes agences de notation extra-financières sont à la manœuvre, évaluant et notant la politique de responsabilité sociale et environnementale des grandes entreprises cotées, ainsi bien évidemment que leur gouvernance (le G de ESG). Ces agences, qui vendent leurs évaluations aux gestionnaires de fonds ISR, afin de les aider à investir, évaluent les entreprises à partir d’interviews des dirigeants, de questionnaires dédiés, d’analyses des rapports financiers, et de tout ce que les entreprises communiquent à l’extérieur (exemples : document financier, rapport financier et extra-financier, etc.).
L’ISR devenu label
Par ailleurs, les critères d’évaluation ISR, ainsi que les critères ESG ne sont pas figés : ils évoluent avec le temps. Ainsi, l’an dernier, les investisseurs français ISR se sont engagés à réduire l’exposition des investissements au charbon, en arrêtant de financer le secteur, tout comme ceux qui pourraient y avoir recours ne serait-ce qu’indirectement.
En France, le label ISR qui a remplacé en 2016 le label Novethic, indique aux investisseurs particuliers quels placements favorisent le développement durable tout en visant le même rendement que les autres produits. D’autres labels, comme Greenfin, dédiés à la transition énergétique, ou Finansol, dédiés aux placements d’épargne solidaire, viennent compléter le dispositif.
À l’heure où le plan de relance a pour objectif non seulement de permettre à la France de surmonter la crise et aussi de doper certains secteurs considérés comme porteurs d’avenir, l’investissement responsable est un moyen efficace de venir accompagner et soutenir les entreprises dont le secteur d’activité est qualifié de stratégique, tout en se préoccupant de l’environnement et du bien commun.
Jean-Baptiste Giraud
Directeur de la rédaction d’EconomieMatin.fr
Sources : L’investissement socialement responsable, sur le site du ministère de l’Économie et des Finances
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