Point mensuel août 2022 - Investissements

09/09/2022 - 20 min de lecture

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Point mensuel août 2022 - Investissements

Les places financières mondiales ont clôturé le mois d’août sur une nette baisse en raison de la dégradation des perspectives économiques mondiales et des discours très fermes des banques centrales qui ont réitéré leur détermination à tout faire pour contrôler l’inflation. Les États-Unis et la zone euro ont corrigé respectivement de 4,2 % et de 5,1 % tandis que l’Asie a particulièrement bien résisté. Épargnés par les tensions inflationnistes, le Japon progresse de 1 % et les Émergents restent stables à + 0,1 %. Les cours du pétrole ont continué de baisser en août en raison du ralentissement économique. Le brent et le WTI ont ainsi reculé d’environ 9,5 %. L’euro s’est affaibli sur le mois de 1,6 % face au billet vert à 1,0057 dollar et reste en baisse de 11,5 % depuis le début de l’année. Nos portefeuilles reculent ce mois-ci de 2,6 %.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 45,4 % avec une performance globale de 126,3 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/08/2022 :

perfs global
graphe

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane, Espace Liberté et Anaé) au 31/08/2022.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 233 485 €

perfs pea

 

 

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane, Espace Liberté 1 & 2 et Anaé) : valorisation : 212 039 €

perfs av

 

Répartition du portefeuille actuel : 

répartition

 

Point marchés

 

Alors qu’il n’est pas tout à fait terminé, l’été 2022 aura soufflé le chaud et le froid sur les marchés financiers. Ainsi, ce mois d’août aura effacé une grande partie des gains de l’été. Les experts le savent bien, traditionnellement, le mois de juillet est un mois faste tandis qu’août et septembre ne font pas partie des mois « favorables » aux marchés actions. Ces derniers n’auront donc pas fait mentir les statistiques alors même que la première moitié du mois d’août offrait une belle poursuite de la progression des indices actions dans la continuité d’un mois de juillet assez euphorique. En effet, les opérateurs financiers avaient retrouvé le sourire au cœur de l’été. Les résultats des entreprises étaient très rassurants, l’inflation commençait enfin à baisser aux États-Unis et l’emploi restait solide. Ils se sont mis à croire à une pause dans la campagne de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine ce qui explique le rallye boursier au milieu de l’été ainsi que la chute des taux d’intérêt en un temps record.
Les investisseurs se sont donc un peu vite bercés d’illusions. En effet, les discours des banques centrales en particulier celui du président de la puissante Fed sont venus ruiner tous leurs espoirs. De même, les craintes de récession sont également venues mettre un terme à un enthousiasme finalement de courte durée car le double choc de la guerre en Ukraine et de la mise sous cloche d’une partie des capacités de production de l’économie chinoise (un tiers de son économie tourne au ralenti) est bel et bien toujours présent. Ces deux événements continuent encore de propulser l’inflation à des niveaux inconnus depuis près de quarante ans et de favoriser la remontée des taux d’intérêt. Ils contribuent par ailleurs au ralentissement de la croissance et à la persistance de dysfonctionnements de certaines chaînes d’approvisionnement. Désormais, la lutte contre l’envolée des prix constitue plus que jamais la priorité des banques centrales. Celles-ci ont d’ailleurs déjà entrepris il y a quelques mois un resserrement rapide (en mars pour la Fed) ou une normalisation progressive (en juillet pour la BCE) de leurs politiques monétaires, quitte à sacrifier tout ou partie de la croissance économique.
Comme chaque année à la même période, l’intervention très attendue de Jerome Powell à Jackson Hole (Wyoming) aura donc été l’évènement majeur de l’été. Les investisseurs espéraient avoir plus de précisions sur la trajectoire de politique monétaire américaine dans un contexte marqué par une forte inflation et une dégradation des principaux indicateurs économiques. Ils n’auront pas été déçus puisque le discours du président de la Fed aura non seulement marqué les esprits par son ton assez martial, mais aura surtout provoqué un retournement spectaculaire de la tendance sur les marchés actions. En se déclarant déterminé à utiliser « tous les outils à sa disposition » pour juguler l’inflation quitte à sacrifier la croissance, les marchés ont immédiatement fait volte-face. Depuis ce discours (fin août) de clôture du symposium annuel des banquiers centraux, les indices ont perdu une bonne partie des gains accumulés au cours de l’été. Pour les investisseurs, le terrain reste miné car la guerre en Ukraine continue de produire ses effets néfastes. Par ailleurs, ils doivent continuer de composer avec une inflation galopante, des taux en nette hausse ainsi qu’une probable récession.

A partir de cet instant, les marchés financiers ont connu une double évolution. D’abord, sur les taux d'intérêt avec la vive remontée des taux obligataires à long terme à la suite des interventions très fermes de Jackson Hole. En effet, la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne ont confirmé leur engagement sans faille à agir pour contrôler l'inflation. Ensuite, cette remontée des taux d'intérêt a entraîné un repli généralisé des places boursières de part et d'autre de l'Atlantique. La plupart des grands indices ont subi des prises de bénéfices significatives. A Wall-Street, le Standard & Poor’s 500 et le Nasdaq ont reculé respectivement de 4,2 % et 4,6 %. L’indice monde (MSCI World) s’est également replié de 4,3 %, tandis qu’en zone euro, l’Euro Stoxx 50 a baissé de 5,1 % tout comme Paris et Francfort qui ont connu respectivement une baisse de 5 % et 4,8 %. A noter que les bourses asiatiques sont restées stables au cours du mois d'août avec un indice MSCI Emerging markets à l’équilibre à + 0,1 %. Enfin, le Japon s’est particulièrement distingué puisque l’indice Nikkei 225 a enregistré une performance de + 1 %. Avec un niveau de 25,8 pour le VIX américain (vs 23,4 fin juillet) et à 27 pour le V2X européen (vs 23 fin juillet), la volatilité s’est assez nettement accentuée sur le mois. Pour rappel, une faible volatilité se situerait entre 15 et 20.

Bien qu’ils aient comblé une partie de leurs pertes par rapport à leur dernier plus bas de l’année à la mi-juin, les grands indices boursiers sont encore nettement dans le rouge à l’entame du dernier quadrimestre. A New-York, l’indice de référence des professionnels, le Standard & Poor’s 500 est toujours en baisse de 17 % alors que le Nasdaq navigue toujours en queue de peloton à - 24,4 % depuis le début de l’année. Le MSCI Emerging markets abandonne toujours 19,3 %, tandis-que pour la zone euro, l’Euro Stoxx 50 est en baisse de 18,2 %. Les deux premières économies européennes connaissent d’ailleurs des trajectoires différentes puisque l’indice vedette tricolore (CAC 40) surperforme le marché européen en affichant un recul de 14,3 % alors que de son côté, l’indice allemand (DAX) est plus lourdement sanctionné à - 19,9 %, pénalisé par le poids de son secteur industriel (automobile, chimie) et par sa dépendance à la Russie sur le plan énergétique. Imperturbable depuis le début de l’année, le Japon reste de loin le meilleur élève, le Nikkei abandonnant à peine 4,1 %.

file

Après avoir bondi en juin à des niveaux inconnus depuis 11 ans puis être fortement redescendus, les marchés obligataires continuent de supporter une incroyable volatilité. En France, l’obligation du trésor à 10 ans (OAT) est ainsi passée de 2,39 % le 14 juin à 1,34 % 1er août (soit une chute de 44 %) puis à nouveau à 2,16 % en à peine un mois (soit un bond de 61 %) alors qu’elle se situait autour de 0,19 % en début d’année. Cette violente hausse des taux conduit mécaniquement à un intérêt accru des investisseurs pour les rendements des obligations.

 

Convictions d’investissements
 

Le mois dernier, nous faisions le constat que les marchés actions n’étaient pas encore passés des craintes inflationnistes à celles d’une récession. Les investisseurs montraient qu’ils étaient bien décidés à prolonger la pause estivale et à reporter encore quelques temps la thématique peu porteuse d’une récession certes annoncée, mais qui n’était pas encore là. Les marchés imaginaient (à tort) que le plus gros du resserrement monétaire était peut-être derrière nous sachant que ce changement de politique monétaire constituait, non seulement un évènement majeur pour l’économie mondiale, mais qu’en plus, il avait provoqué une correction de plus de 20 % des principales places boursières.
Finalement, après avoir été un peu occultées, les grandes préoccupations ont fini par revenir au milieu de l’été à travers l’évolution de l'inflation, de la croissance et des politiques monétaires des banques centrales. Les perspectives économiques mondiales se sont donc assombries avec une intensification et une diffusion des pressions inflationnistes, notamment dans les pays avancés en particulier l’Europe et sa crise énergétique en toile de fond. Les pressions stagflationnistes se sont intensifiées avec concomitamment, le ralentissement en cours de l'activité économique et l’intensification de la hausse des prix. L’enjeu est donc toujours de savoir si nous irons dans les prochains mois vers une récession « écrite d’avance » ou si les banques centrales parviendront à enrayer cette dynamique inflationniste en réussissant ce que les experts appellent un « atterrissage en douceur » des économies américaine et européenne c’est-à-dire sans trop affaiblir durablement leur croissance restée jusqu’ici solide. L’inflation qui reste le sujet numéro un pose plusieurs questions : va-t-elle encore accélérer en Europe ? A-t-elle bien touché en juillet un pic aux États-Unis et va-t-elle continuer à décélérer ? Ce n’est plus qu’une question de jours ou de semaines pour en avoir confirmation. Dès lors, les investisseurs vont continuer de surveiller attentivement le déroulement du conflit en Ukraine et les changements de la situation sanitaire en Chine. Ces deux sujets sont intimement liés pour déterminer l’évolution à la hausse ou à la baisse du niveau de l’inflation ainsi que le niveau de la croissance mondiale et donc, in fine, la probabilité ou pas d’une récession. Évidemment, l’ampleur d’une éventuelle récession dépendra largement de la situation en Ukraine et de ses conséquences à court terme sur les cours du gaz. En attendant une amélioration du contexte géopolitique, économique et sanitaire, la nervosité des marchés devrait rester présente encore quelques temps. Ces derniers resteront très attentifs à l’évolution de la dynamique de l’inflation aux États-Unis et en Europe ainsi qu’à de nombreux facteurs de risques qui n’ont pas encore disparu. Nous pensons évidemment aux risques de guerre, de crise énergétique, de crise alimentaire, de crise migratoire, autant de sujets graves et imprévisibles qui pourraient plus ou moins peser sur nos économies et venir encore parasiter la trajectoire des indices boursiers. Ces difficultés sont encore devant nous, ne les sous-estimons pas.

 

Dans ce contexte, quelles sont nos perspectives économiques ?
 

Sur le front des prix, le maintien à un haut niveau des matières premières devrait continuer d’alimenter les pressions inflationnistes à court terme. La question de l’inflation primera toujours sur celle de la croissance car la guerre en Ukraine et la situation sanitaire en Chine constituent des facteurs d’aggravation de cette hausse des prix. Cependant, nous constatons depuis quelques temps une tendance générale à la baisse de certaines matières premières. Pour autant, l’inflation restera bien supérieure à l’objectif affiché des 2 % et nécessitera une poursuite du mouvement de hausse des taux de la part des banques centrales dont le rôle sera décisif pour veiller à l’équilibre de l'économie mondiale. Les effets de base sur l'inflation devraient devenir plus favorables (comparaison par rapport à 2021) et les hausses des prix liés au Covid (perturbations de la chaîne d'approvisionnement) et à l’Ukraine (énergie, matières premières, denrées alimentaires) devraient progressivement s’estomper. Toutefois, nous nous attendons à ce que l'inflation reste élevée en 2023 (autour de 5 %). Gardons aussi en tête que nous allons effacer dans les prochains mois des chiffres d’inflation qui étaient assez faibles en 2021. Il est donc possible de la voir continuer à accélérer. Cependant, nous pensons que la courbe de l’inflation a atteint un pic aux Etats-Unis et qu’elle devrait commencer à décélérer en Europe vers la fin de l’année. Dans ces conditions, les investisseurs commenceront à se demander si la Réserve fédérale américaine continuera de remonter ses taux d'intérêt de manière aussi agressive l'année prochaine. Par ailleurs, si comme nous l’espérons le conflit russo-ukrainien devait ne pas s’envenimer, les conséquences économiques devraient rester supportables et permettre à l’économie mondiale de se rétablir progressivement des deux chocs majeurs que sont la pandémie du Covid et la guerre en Ukraine. Alors, les marchés actions pourront pourquoi pas repartir à la hausse.

En conclusion, nous entrons dans la phase délicate d’un changement de régime, car les risques pesant sur la croissance économique s’ajoutent à un contexte déjà très inflationniste. Cela signifie que le marché restera sous l’emprise des craintes de stagflation. Si l'on cherche à résumer à grands traits les évolutions depuis le début de l'année, l’envolée des niveaux d'inflation a d'abord eu un impact sur les taux d'intérêt des marchés obligataires qui se sont fortement tendus. Ce bond a ensuite eu pour conséquences de faire chuter les marchés actions. Nous pourrions actuellement connaître une pause en attendant d'y voir plus clair en matière de perspectives de croissance et d'inflation. Nous pensons que le marché actions devrait rester volatil encore un certain temps. Nous n’envisageons toujours pas de reprise durable des indices, du moins pas avant que l’inflation n’ait véritablement atteint son pic dans les principales économies développées. Cependant, si un tel évènement devait se concrétiser, un rebond soutenu des marchés serait alors envisageable d’ici la fin de l’année. A moyen terme, nous restons positifs sur les actions, car les perspectives de bénéfices nous semblent bonnes. La récente purge des marchés actions a éliminé l’essentiel des excès de valorisation sauf pour les entreprises les plus endettées dont les valorisations sont toujours excessives. La résilience des bénéfices des entreprises et leur pouvoir de fixation des prix seront les principaux moteurs des marchés actions.

 

L’inflation outre Atlantique a-t-elle enfin atteint son pic ?
 

Depuis que l’inflation a légèrement reflué cet été aux États-Unis (8,6 % en juillet en rythme annuel vs 9,1 % en juin), de nombreux éléments suggèrent que nous avons en effet peut-être atteint un plateau élevé malgré des distorsions entre les pays. Le retournement des prix des matières premières et du pétrole contribue à réduire la contribution de l’énergie à l’inflation. Mais c’est un peu comme si nous faisions une randonnée en montagne. Lorsque nous atteignons enfin un sommet (pic), nous nous apercevons que juste derrière, il y en a un autre que nous n’avions pas vu. C’est ce qui se produit actuellement avec la composante gaz dans l’inflation qui commence à prendre de l’envergure en remplacement de celle du pétrole. De même, l’inflation sous-jacente (hors éléments volatils comme l’énergie ou l’alimentation) continue d’augmenter. Il reste énormément d’incertitude sur les processus de diffusion de second tour de l’inflation. Dans ce contexte de turbulences, nous restons prudents.

Les pressions stagflationnistes (moins de croissance, plus d’inflation), pourraient-elles s'accentuer ?

De nombreux signaux semblent indiquer que les tensions sur les chaînes d’approvisionnement commencent à s’atténuer. Plusieurs statistiques ont effectivement indiqué une amélioration des délais de livraison, tandis que le transport maritime continue de se normaliser. Toutefois, l’ampleur et la rapidité avec lesquelles ces évolutions permettront de maîtriser la hausse des prix restent incertaines à ce stade. Si les entreprises ont très rapidement augmenté leurs prix en réponse aux problèmes d’approvisionnement et aux hausses des coûts, il n’est pas encore certain que l’amélioration des conditions de l’offre se répercute aussi rapidement sur les prix de vente. Néanmoins, nous pensons que l’affaiblissement de la demande devrait y contribuer. De même, l’évolution future des coûts salariaux reste une source d’incertitude. Dès lors, les niveaux des prix pourraient encore rester élevés plusieurs trimestres et la croissance, selon les zones géographiques, pourrait plus ou moins ralentir en fonction de la conjoncture économique.

Aux États-Unis, les dernières publications de données économiques ont été quelque peu contradictoires. En effet, les enquêtes du mois d’août ont indiqué que la confiance des ménages était encore faible et que le climat des affaires continuait de se détériorer. En revanche, la production industrielle et les dépenses des entreprises en biens d’équipement se sont maintenues à des niveaux satisfaisants. De plus, l’emploi continue de progresser à un rythme soutenu. Au global, nous continuons de penser que la combinaison du choc inflationniste et du resserrement des conditions financières risque d’entraîner un tassement de la croissance mais pas forcément une récession. Cependant, à la lumière de la résilience affichée par certaines données économiques récentes, nous pourrions en déduire qu’il n’y aura pas de récession en vue d'ici l'été 2023 et que l’impact de ce ralentissement économique sera plutôt limité.

En Europe, des divergences sont particulièrement marquées ce qui risque d’entraîner des récessions dans certains Etats membres à l'automne ou à l'hiver. Les derniers indicateurs ont d’ailleurs confirmé que l’impulsion post-Covid qui a soutenu l’activité au premier semestre 2022 s’était estompée. Le Vieux Continent est touché de plein fouet par la crise énergétique, en raison notamment de sa dépendance au gaz russe. Les prix élevés de l'énergie, les tensions en matière d’approvisionnement et la diffusion des hausses de prix aux autres biens et services, font augmenter le coût de la vie et, en définitive, pèsent sans doute déjà sur la consommation des ménages et les résultats de certaines entreprises. Dans ce contexte macroéconomique dégradé, l’ampleur de la récession en Europe reste difficile à prévoir. Cela dépendra de plusieurs éléments dont l’évolution de la situation énergétique et la forme des réponses budgétaires des gouvernements à cette crise.

Dans les économies émergentes, nous avons également révisé à la baisse nos perspectives de croissance, mais de façon beaucoup plus modérée que dans les grandes économies avancées, de sorte que l'écart de croissance continue de bénéficier aux économies émergentes. En ce qui concerne la Chine, une contraction de l'activité économique au cours du deuxième trimestre est inévitable. Nous avons revu à la baisse notre prévision de croissance pour cette année ainsi que pour l'année prochaine en raison de la crise immobilière et de la baisse de la confiance des ménages. Nous tablons sur une croissance annuelle de l'ordre de 3,5 % c’est-à-dire un niveau bien inférieur à la prévision officielle du gouvernement de 5,5 % en raison de la politique de confinement dans les grandes villes chinoises qui pèse sur la croissance. Cependant, les politiques budgétaires et monétaires accommodantes menées en Chine devraient permettre d'éviter un ralentissement marqué de l'activité économique.

 

Faut-il s’attendre à une poussée inflationniste comparable à celle des années 1970 ?
 

Rappelons qu’un choc d’inflation est une inadéquation entre l’offre et la demande. Mais la comparaison avec les années 1970 s’arrête là car à cette époque, l’inflation avait été provoquée par l’arrivée de la génération des baby-boomers qui créait une forte demande à laquelle l’appareil productif n’était pas équipé pour répondre. Aujourd’hui, la situation est inverse. Nous ne faisons plus vraiment face à une demande excessive (celle-ci s’est un peu calmée) mais à un choc d’offre dû à la crise sanitaire du Covid puis à la guerre en Ukraine. Or, celui-ci a beaucoup de chances de se reproduire sous différentes formes, dans un contexte de saturation des capacités et des ressources naturelles, mais aussi de vieillissement de la population le tout exacerbé par les tensions géopolitiques qui perturbent les flux commerciaux. Nous voyons bien que l’Asie aura de plus en plus de mal à jouer son rôle de pourvoyeur de biens industriels pour le reste du monde. Dès lors, la question qui se posera sera de savoir si nous aurons la possibilité de remplacer cette offre, et à un même coût ? Nous avons donc un risque de chocs récurrents d’offre qui créent de l’instabilité chronique sur les prix. C’est pourquoi nous pouvons nous attendre à un niveau d’inflation compris entre 3 % et 5 % à horizon 2030. Plus que les années 1970, cela ressemble davantage à la période d’avant la révolution industrielle, au XVIII siècle, où l’on connaissait des mouvements violents entre inflation et déflation, conséquences de l’insuffisance de l’offre au gré des récoltes agricoles avec des épisodes de sécheresse, de famine, de troubles sociaux et de politiques terribles qui avaient disparu avec l’industrialisation, le progrès et l’abondance de ressources. Cette période postindustrielle est peut-être en train d’arriver à son terme.


Les résultats des entreprises seront-ils au rendez-vous au second semestre ?

Au cours du premier semestre les bénéfices des entreprises ont été extrêmement solides en Europe et aux États-Unis. D’ailleurs, les analystes attendent une hausse des profits comprise entre 10 % et 15 % pour 2022 et d’au moins 3 % à 5 % pour 2023. A première vue, les actions semblent toujours peu chères avec des multiplies de résultats (PER « price earning ratio » ou ratio cours sur bénéfices) autour de 11 en Europe et 17 aux États-Unis ce qui est inférieur aux moyennes historiques et donc très positif par rapport au potentiel de performances à venir. Mais ces valorisations sont peut-être basées sur des hypothèses de résultats trop élevées. Quoiqu’il en soit, les entreprises ont fait preuve d’une belle résistance mais la suite pourrait s’annoncer plus délicate en cas de ralentissement économique et de flambée des prix des matières premières et de l’énergie. Un tel scénario pourrait alors peser sur les bénéfices au second trimestre. Nous observons quelques premiers signes de compression des marges, probablement en lien avec l'affaiblissement de la croissance économique et notamment la consommation des ménages. Ainsi, il est possible que les profits des entreprises restent sous pression l'an prochain. Néanmoins, certaines entreprises devraient continuer à mieux résister que d'autres, notamment celles qui ont la capacité de répercuter les hausses de coûts subies dans les prix de vente finaux ou bien celles qui ont des bilans solides.

 

Quelles sont nos recommandations en matière d'investissement ?


Côté marchés financiers, la remontée des taux d'intérêt et les risques d'affaiblissement de l'activité économique vont sans doute redonner de l'attrait aux obligations pour les investisseurs. Ceci dit, il faut bien avoir en tête qu'il y a deux forces opposées qui agissent sur les taux d'intérêt à long terme. D'un côté, les taux sont tirés à la hausse par les évolutions des prix et l'engagement des banques centrales à contrôler l'inflation et de l’autre, les risques de ralentissement économique et de récession pèsent sur les rendements obligataires. Dans ces conditions, nous n'anticipons pas de mouvement marqué du côté des taux d'intérêt à court terme, mais nous resterons naturellement très flexibles dans l'ajustement de nos positions dans les portefeuilles compte tenu des vents contraires qui soufflent sur les taux d'intérêt. Côté actions, l'affaiblissement de la conjoncture économique mondiale nous conduit à adopter une position prudente. Nous continuons de privilégier les titres américains par rapport aux titres européens, en raison de la meilleure résilience de l'économie américaine.

En conclusion, les évolutions de marché et du contexte économique n'appellent pas de changement radical dans l'exposition de nos portefeuilles. Les investisseurs doivent rester agiles, prudents, particulièrement vigilants. Nous sommes convaincus que des opportunités d'investissement vont se présenter notamment dans les zones ou les secteurs les plus résilients. Il faudra évidemment rester particulièrement sélectif, tant du côté des actions que des obligations. Dans l'ensemble, compte tenu de l'incertitude, il convient de conserver une position très diversifiée dans les portefeuilles. Nous devons rester flexible et nous tenir prêt à ajuster ces derniers en fonction de l'évolution des contextes géopolitique et économique tout en conservant une attention particulière sur les décisions de banques centrales. Dans ce contexte toujours aussi incertain, nous estimons que l’allocation très diversifiée de nos portefeuilles est toujours appropriée.

Les banques centrales doivent-elles continuer à relever les taux pour dompter l’inflation ?
 

Elles n’ont pas le choix, la mobilisation va être générale. Ce que l’on a vu cet été l’illustre bien. Après un été qui a vu l’inflation légèrement ralentir aux Etats-Unis et continuer à évoluer à des niveaux records en Europe (9, 1 % en août) et au Royaume-Uni (10,1 % en juillet), les marchés se sont mis à croire à une petite histoire de relâchement du resserrement monétaire et on a vu un rallye boursier faire chuter les taux d’intérêt en un temps record. C’est révélateur de l’excès de liquidité dans le système et cela montre que l’action des banques centrales jusqu’à présent n’a pas suffi. Elles sont donc contraintes de maintenir le couvercle au-dessus de la marmite d’autant que la conjoncture tient et que les gouvernements sont à la manœuvre pour atténuer le choc énergétique. La menace de récession qui était censée arrêter les banques centrales dans le durcissement de leur politique monétaire est désormais assumée. Elles savent que le seul moyen de se débarrasser de l’inflation est de relever leurs taux. A l’image de la Fed, elles n’ont plus de temps à perdre et vont donc le faire vite et fort ce qui pourrait conduire les taux directeurs de la banque centrale américaine autour de 4 % ou 4,5 % (actuellement 2,5 %) d’ici la fin de l’année et entre 2 % et 3 % pour la BCE courant 2023. La séquence qui s’annonce en septembre va être déterminante et devrait montrer une unité plus forte que jamais entre les trois grandes institutions (BCE, Banque d’Angleterre et Fed) sur l’ampleur du tour de vis à donner pour dompter la hausse des prix. Les marchés sont orientés en faveur d’augmentations de 75 points de base des taux directeurs pour chacune des trois afin de contenir les effets secondaires d’une hausse de l’inflation quitte à en payer le prix par un ralentissement de croissance économique ou une hausse du chômage. La trajectoire à moyen terme portera en tous les cas les banques centrales au-delà des taux « neutres » c’est-à-dire le niveau des taux qui ne stimule ni ne ralentit l’économie. Les marchés tablent désormais pour l’année prochaine sur un taux supérieur à 4 % pour la Fed (actuellement 2,5 %) et compris entre 2,5 % et 4 % pour la BCE sachant que celui-ci pourrait atteindre 2 % à 2,25 % d’ici la fin de l’année. Actuellement, le taux de dépôt de la BCE est de 0,75 % et son taux principal de refinancement est de 1,25 %. Alors certes, une dégradation de l’économie, notamment la récession qui menace l’Europe, pourrait réduire l’inflation avant que les taux n’atteignent ces niveaux élevés. Mais pour les banques centrales qui cherchent à prouver leur détermination à casser cette hausse des prix, il est capital d’afficher des objectifs élevés en évitant de donner l’impression qu’elles sont prêtes à fléchir.

 

A suivre dans les prochaines semaines :

  • évolution du conflit russo-ukrainien
  • évolution des mesures de confinement en Chine – annonce d’un vaccin ARN chinois
  • décongestionnement des chaînes d’approvisionnement
  • communication des banques centrales
  • réunions des banques centrales en septembre (BCE le 8, BOE le 15 et Fed le 21)
  • indicateurs macro-économiques (inflation, emploi, confiance des ménages, investissements etc.)

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Mardi 13 septembre 2022 : https://attendee.gotowebinar.com/register/2019505317592037904

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le jeudi 06 octobre 2022 pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@ca-pyrenees-gascogne.fr) et moi-même (nicolas.duplantier@ca-pyrenees-gascogne.fr) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     
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