Point mensuel février 2021 - Investissements

02/03/2021 - 20 min de lecture

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Point mensuel février 2021 - Investissements

Des marchés actions globalement en hausse en raison de la poursuite de l’amélioration de la situation sanitaire et de l’accélération de la dynamique de vaccination. L’Europe et le Japon progressent respectivement de 3,5 % et 4 %, tandis que et les Etats-Unis et les Emergents sont en légère baisse entre -1 % et -2 %. L’euro est resté stable face au dollar à 1,21 et le baril de pétrole a franchi les 65 dollars (brent) en hausse de 20 % sur le mois. Nos portefeuilles progressent ce mois-ci de 1,86 %.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 39,1 % avec une performance globale de 120,2 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 28/02/2021 :

Perfs global
Graphe

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane, Espace Liberté et Anaé) au 28/02/2021.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 225 855 €

Perfs PEA

 

 

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane, Espace Liberté 1 & 2 et Anaé) : valorisation : 207 621 €

Perfs AV

 

Répartition du portefeuille actuel : 

Répartition

 

Point marchés

 

Après une courte respiration fin janvier, les marchés actions sont résolument repartis à la hausse, prolongeant ainsi la progression entamée début novembre. Forts de l’amélioration de la situation sanitaire (poursuite des campagnes de vaccination) et du contexte économique, ils enregistrent sur le mois de février une solide performance et ce malgré les récentes inquiétudes des investisseurs à la suite de la remontée des taux d’intérêt (en particulier américains) liée aux craintes d’un retour de l’inflation qui, malgré le message de soutien des banquiers centraux concernant leurs politiques monétaires accommodantes, continuent de mettre sous pression le marché actions. Cette hausse des taux longs a ponctuellement diminué le goût pour le risque des investisseurs qui ont préféré prendre leurs bénéfices sur les actifs risqués. Avec des obligations qui montent, certaines actions survalorisées deviennent moins attrayantes et sont vendues massivement. Ainsi, la semaine dernière, les marchés asiatiques ont connu leur plus forte chute depuis neuf mois (Tokyo -4 % et Hongkong -3,6 %). Wall Street a suivi le mouvement et subi une baisse plus marquée de 1,75 % pour le Standard & Poor’s 500 et de 3,5 % pour le Nasdaq, tandis que les places européennes ont également clôturé dans le rouge mais plus légèrement. Une fois n’est pas coutume, les places boursières européennes devancent cette année Wall Street dont les indices restent malgré tout encore proches de leurs plus hauts historiques, ce qui n’est pas encore le cas en Europe (hormis le Dax 30 allemand). Les principaux indices européens enregistrent donc des performances entre + 3 % et + 5 % depuis le début de l’année. Malgré cette légère faiblesse due aux récentes tensions inflationnistes, le Dow-Jones à 30 930 points (+ 1,8 %), le Standard & Poor’s 500 à 3 811 points (+1,8 %) et le Nasdaq à 13 190 (+2,3 %) restent néanmoins en territoire positif depuis le 1er janvier, période dominée par le Japon (+5,5 %), les Emergents (+3,7 %) et l’Europe (+3,7 %) qui malgré leur récente baisse conservent une performance largement positive grâce à leur très bon début d’année.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce ne sont plus trop les nouvelles sanitaires, l’actualité des vaccins ni même celles concernant les variants qui retiennent ces derniers jours l’attention des marchés mais plutôt les perspectives d’une reprise économique plus rapide et forte que prévu aux États-Unis. Ainsi, le débat autour du vote du plan de 1 900 milliards de dollars du président Biden (cf. point mensuel de janvier) pour une relance budgétaire massive aux États-Unis (9 % du PIB américain) favoriserait des anticipations inflationnistes et provoquerait des craintes concernant la continuité des politiques monétaires accommodantes des banques centrales. Certains experts jugent que c’est trop et que cela risque de provoquer la surchauffe de l’économie américaine. A l’inverse, d’autres minimisent ce risque et mettent plutôt en avant le danger de ne pas en faire suffisamment et de répéter l’erreur de 2009 (après la crise financière de 2008) d’avoir été trop timide en matière de dépenses publiques.
En dépit des discours rassurants, d’abord de Christine Lagarde (présidente de la BCE), puis de Jerome Powell (président de la Fed), les marchés doutent encore un peu et n’écartent pas l’hypothèse d’un changement de cap. C’est pour cette raison que la remontée des rendements obligataires aux États-Unis (marché directeur) puis par sympathie de la zone euro a mis sous pression les marchés actions. La BCE a précisé qu’elle serait attentive à la hausse des rendements des taux obligataires (qu’ils ne montent pas trop). C’est une façon de dire qu’elle va essayer de ne pas importer la correction obligataire américaine.
Alors, le marché actions serait-il subitement devenu chatouilleux, ou a-t-il vraiment des raisons de s’inquiéter, sachant qu’il nous dit depuis des semaines que la crise du Covid-19 est terminée et qu’il anticipe une reprise économique ? Il ne faut perdre de vue que nous étions en février sur trois semaines de hausse importante des actifs risqués avec des taux longs qui se réajustaient. Cette saine remontée de la courbe des taux (repentification) est donc salutaire dans un contexte de retour à la normale de l’économie mondiale espéré fin 2021 début 2022. Ces dernières années, nous avions des taux courts qui étaient supérieurs aux taux longs ce qui était tout à fait anormal. La situation revient donc du bon côté du miroir ce qui va permettre à des entreprises européennes pénalisées par des années de taux bas (valeurs cycliques, banques, assurances etc) d’être portées par cette hausse des taux. Ce sont d’ailleurs les valeurs européennes décotées des secteurs massacrés en 2020 (cf. point mensuel de janvier « arbitrages ») qui enregistrent les meilleures performances depuis le début de l’année (Société Générale, Publicis, Saint- Gobain, Crédit-Agricole, BNP Paribas, Airbus, Total…).
Rappelons aussi qu’une remontée (pas trop rapide) des taux longs n’est pas du tout incompatible avec la hausse des marchés actions. Un marché obligataire dont les taux d’intérêt commencent à remonter reflète aussi le retour de la croissance (c’est mécanique). Si ce mouvement est accompagné d’une hausse de l’inflation, ce sera un moindre mal pour les actions car les taux réels (taux nominaux moins inflation) resteront bas. Le vrai risque pour les actions serait que les taux d’intérêt montent sans être accompagnés d’un minimum d’inflation.
Nous considérons que la hausse en deux mois du taux à 10 ans américain de 0,91 % à 1,6 % (retombé depuis à 1,4 %) correspond à un ajustement et que le marché des taux ne fait que revenir à son niveau d’avant crise. Si nous prenons un peu de recul, nous constatons qu’il y a un an à peine, le taux à 10 ans des obligations américaines se situait proche de 1,3 % vs 1,6 % au pic de la hausse la semaine dernière. Au moment de la crise du Covid-19 (mars 2020), ce taux était tombé à 0,3 % et il se situait à 3,2 % en décembre 2018, avant d’entamer une longue baisse puis fluctuer entre 1,4 % et 1,7 % toute l’année 2019. Cette remontée transitoire des taux aura d’ailleurs été à l’origine d’un petit évènement ; le retour furtif mais symbolique du taux à dix ans français en territoire positif (+0,05 % le 25 février) pour la première fois depuis juin 2020. Ce n’est pas encore une nouvelle inquiétante pour le « quoi qu’il en coûte ». L’argent reste toujours « gratuit » pour financer l’endettement de l’État français. Pour rappel le taux des obligations françaises à dix ans était passé pour la première fois en territoire négatif en 2019.

Les Américains retrouvent le chemin de la consommation (ventes de détails + 6 % en janvier) et la reprise à venir de l’économie américaine (estimée entre 5 % et 6 % en 2021) conjuguée aux différents plans de relance entraînent cette hausse de taux qui n’a rien d’extravagant. Le scénario d’un retour de l’inflation (reflation) était donc attendu et même souhaité. Dans un tel contexte, nous pourrions attendre un apaisement des marchés actions une fois passée leur réaction épidermique aux mouvements de taux récents. L’Europe se retrouve donc devant le risque d’importer des perturbations déconnectées de ses propres conditions économiques. En effet, contrairement aux États-Unis, la plupart des pays européens sont encore soumis à des mesures de restriction ou de reconfinement. La vaccination se déploie à un rythme d’escargot tandis que les faillites et le chômage devraient dominer l’année. Ce panorama est donc bien éloigné de la surchauffe redoutée outre-Atlantique.
Pour nous, le retour possible de l’inflation concerne surtout les États-Unis. Mais le vrai débat est celui de de la divergence à venir entre l’Europe et les États-Unis et de la probable désynchronisation de leur politique monétaire qui, depuis le début de la crise étaient en tout point similaires. Les Américains ont le pied sur l’accélérateur alors que les Européens le gardent sur le frein. Le plan de relance de l’Union européenne de 750 milliards d’euros décidé mi-2020 n’est toujours pas sorti des limbes, alors que Joe Biden, à peine arrivé au pouvoir, est prêt à déployer un plan de 1 900 milliards de dollars en plus des 4 000 déjà dégainés par l’administration Trump. Fort heureusement, comme souvent lorsqu’il paraît en position de faiblesse, le Vieux Continent devrait profiter « en passager clandestin » de la reprise de la croissance américaine et chinoise.

 

Convictions d’investissements

 

Nous sommes depuis fin 2020 dans une phase au cours de laquelle tous les voyants de la reprise reviennent doucement mais sûrement dans le vert avec une prime de risque proche de zéro ce qui aura permis aux places boursières de poursuivre sur leur tendance positive (niveaux records pour la plupart des indices boursiers). Une fois les informations positives plus ou moins intégrées (cf. point mensuel de janvier), seules de « mauvaises » nouvelles risquaient de faire réagir à la baisse les marchés ; variants, capacité de l’Union européenne à mener à bien sa stratégie vaccinale, problèmes d’approvisionnement en vaccins, reprise décalée de la croissance, risque politique et social, bref ce ne sont pas les exemples qui manquent…

Notre scenario pour 2021 n’a pas changé et reste prudent et optimiste à la fois (cf. points mensuels de décembre & janvier). Nous considérons toujours qu’un retour à la normale de l’activité économique mondiale reste envisageable à horizon fin 2021 début 2022. Le rebond de la croissance dépendra évidemment de l’évolution de la situation sanitaire et de la diffusion massive de vaccins (le meilleur plan de relance). Toutefois, l’actualité récente montre bien qu’une consolidation (plus ou moins) marquée des places boursières reste toujours possible et dans ce cas, nous considérerions alors qu’une baisse des marchés serait un point d’entrée. De bonnes nouvelles sont encore à venir, ce qui devrait permettre à la tendance de rester acheteuse sur le marché actions :

  • intensification des campagnes vaccinales qui vont devenir de plus en plus efficaces
  • augmentation du nombre de vaccins dont ceux nécessitant une seule dose
  • progrès permanents de la recherche face aux variants 
  • poursuite de la baisse des contaminations favorisée par la proximité du printemps et de l’été
  • programmes de soutien monétaire et budgétaire 
  • consommation des ménages (injection dans l’économie réelle de l’épargne colossale accumulée)
  • perspectives de réouverture des secteurs de l’économie à l’arrêt
  • poursuite de l’amélioration des données macroéconomiques
  • croissance des bénéfices des entreprises

 

La Fed minimise le risque de surchauffe

 

Le président de la réserve fédérale juge peu probable que le gigantesque plan de relance de Joe Biden provoque une hausse des prix élevée. Alors que les États-Unis se débattent toujours contre le Covid-19 qui a déjà fait plus de 500 000 morts dans le pays, un débat agite les économistes et le Congrès. La perspective d’un nouveau plan de soutien massif de l’économie que les démocrates espèrent adopter d’ici la mi-mars, fait craindre une surchauffe et un réveil de l’inflation. Jerome Powell, répond que l’économie américaine « est encore loin de son objectif d’emploi et d’inflation » et qu’il « faudra probablement du temps pour que de nouveaux progrès substantiels soient accomplis ». Il ajoute que «la pandémie a laissé une marque significative sur l’inflation » et que dans certains secteurs les plus affectés par le Covid- 19 « les prix restent particulièrement sages ». Il confirme donc comme prévu sa promesse de maintien pendant encore de longs mois d’une politique monétaire ultra-stimulante et ce, même si l’inflation venait à repasser au-dessus de 2 %. Le président de la Fed a précisé qu’en cas d’inflation malvenue, la réserve fédérale aurait les outils pour traiter le problème. Il rappelle que la fonction première d’une banque centrale revient à gérer les phases de hausse ou de baisse de l’inflation et qu’en outre, la Fed dispose d’une tolérance vis-à-vis de l’inflation depuis l’annonce faite l’été dernier lors du traditionnel symposium de Jackson Hole (cf. point mensuel d’août 2020).
Pour rappel, la Fed avait annoncé à cette occasion une inflexion majeure de sa doctrine à propos du pilotage de l’inflation. Désormais, sa stratégie d’une cible d’inflation flexible autour de 2 % devrait autoriser une prise de risques sur les taux américains. La Fed va pouvoir temporairement accepter plus d’inflation (au-delà de 2 %) car maintenant, elle place l’emploi au cœur de sa stratégie c’est-à-dire au même niveau que l’inflation. Cette nouvelle façon de raisonner n’est pas une simple évolution sémantique. Dorénavant les investisseurs ne pourront pas anticiper la réaction de la Fed lorsque l’inflation viendra « tangenter » les 2 %. En cas d’évolution au-delà de cet objectif moyen, les marchés auront des doutes et introduiront une prime de risques concernant la stratégie mise en œuvre ce qui se traduira par une remontée des taux obligataires (phénomène de repentification de l’ensemble de la courbe des taux). Le moment venu, la Fed aura une situation complexe à gérer, celle de bien communiquer le point d’inflexion de sa stratégie afin d’éviter une mauvaise interprétation par les marchés, comme ce fut le cas en 2013 avec l’annonce de la diminution de ses achats d’actifs (tapering). Cette erreur fatale avait entrainé un fort mouvement de correction des marchés (hausse des taux de 130 points de base en 3 mois précipitant la chute des indices actions). Confiant pour la deuxième partie de l’année, Jerome Powell a répété qu’il était prématuré de spéculer sur une date de réduction des achats d’actifs car l’économie américaine résistait mieux que prévu.

 

La BCE surveille la hausse des taux des emprunts d’État

 

La perspective du plan de relance massif de Joe Biden a fait bondir les taux d’emprunts d’État américains et a entraîné dans son sillage les taux européens. Le taux du Bund allemand se situe à - 0,22 % (vs -0,6 % mi-décembre) et le taux à 10 ans français frise désormais les 0 %, (vs - 0,40 % au début de l’année). Cette tension sur les taux et les risques inflationnistes pourraient contrarier la reprise économique en Europe. C’est un problème pour la BCE car cela conduirait éventuellement à un resserrement prématuré des conditions de financement, alors même qu’économiquement, une telle décision serait injustifiée en Europe. Pour calmer le jeu, Christine Lagarde a assuré qu’elle surveillait de près l’évolution des taux longs. Même si dernièrement les taux européens ont légèrement monté par mimétisme avec le marché obligataire américain (le marché directeur), la BCE n’a pas d’inquiétude concernant l’inflation. Sa préoccupation reste la bonne transmission de sa politique monétaire à l’économie réelle or, ce sujet ne dépend pas du niveau des taux mais de l’écart (spread) entre les taux des différents Etats de la zone euro. La principale raison qui explique l’actuel faible écart de taux en zone euro, c’est l’omni présence de la BCE. La feuille de route délivrée aux investisseurs est extrêmement claire ; elle sera présente pour accompagner la reprise de la croissance (plus poussive en zone euro) aussi longtemps qu’il le faudra. La dette liée au Covid-19 n’est pas un souci car celle-ci figure au bilan de la BCE, donc elle se rémunère toute seule et ne coûte rien tant que les taux restent bas. Naturellement, si ces derniers venaient à décaler trop vite à la hausse et que les conditions de refinancement en zone euro devaient se dégrader très significativement, un nouveau dispositif serait activé. Ce pourrait être une politique de contrôle de la courbe des taux qui signifierait au marché, qu’au-delà d’un certain niveau de taux, il trouverait systématiquement le bilan de la BCE (par définition illimité) en face de lui, ce qui serait de nature à le décourager.

 

Israël, première expérimentation d’une vaccination de masse

 

Il n’aura fallu que sept semaines à Israël pour vacciner la quasi-totalité de sa population âgée de 60 ans et plus. À la date du 6 février, 80 % des personnes de cette tranche d’âge avaient ainsi reçu leurs deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech. Le pays affiche même le meilleur taux de vaccination au monde, avec 45 % de ses 9 millions d’habitants ayant reçu une vaccination complète, et 30 % une seule dose. D’après une récente étude israélienne en cours d’analyse par les experts du monde entier, le nombre de nouveaux cas et d’hospitalisations baissent significativement semaine après semaine. Les premières données dont nous disposons sur l’efficacité de ce vaccin en vie réelle sont scrutées avec la plus grande attention et en premier lieu par les équipes du laboratoire Pfizer, ce dernier ayant conclu un accord avec Israël. Le pays s’est engagé à fournir toutes ses données épidémiologiques sur la vaccination en échange de quoi, il disposerait sans interruption des stocks suffisants. Cela explique pourquoi l’État hébreu a été l’un des pays à recevoir le plus grand nombre de doses rapporté à sa population. Israël est vraiment un modèle expérimental car c’est le premier pays à avoir adopté une stratégie vaccinale intensive. Même s’il convient de rester prudent, les données semblent encourageantes car elles vont dans le sens d’une bonne efficacité du vaccin sur la population des plus de 60 ans.

  • La formule gagnante de la vaccination et du confinement

Si à cette heure les scientifiques restent toujours sur leur garde, c’est parce que la campagne de vaccination n’est sans doute pas le seul élément pouvant expliquer la baisse sensible des contaminations et des hospitalisations. Pour bien comprendre, il faut revenir juste avant les fêtes de fin d’année. Pensant être parvenu à contenir l’épidémie, le gouvernement avait fait le choix d’alléger le dispositif de confinement en vigueur. Malheureusement, cette décision a entraîné un relâchement de la population qui a eu pour conséquence d’effacer tous les efforts consentis précédemment et de favoriser la recrudescence des cas de contamination. Le mois de janvier a d’ailleurs été le plus meurtrier avec plus d’un millier de décès alors que la vaccination avait commencé quelques jours plus tôt (fin décembre) mais qu’elle ne faisait pas encore effet. Un confinement national d’un mois est instauré à partir du 8 janvier. Ce protocole très strict commencera à être réduit à partir du 7 février concomitamment avec la réouverture des commerces non-essentiels (boutiques, salles de sport etc). Cette double stratégie (vaccination intensive plus confinement) aura été très efficace pour enrayer la dynamique de propagation du virus car au même moment les indicateurs commençaient à s’améliorer. Difficile cependant de savoir si cette tendance positive devait être attribuée à la vaccination qui commençait vraiment à agir, ou s’il ne s’agissait que de l’effet bénéfique du confinement.

Au fur et à mesure qu’elles s’accumulaient, les données ont toutefois fourni de bonnes raisons de penser que la vaccination jouait bien un rôle déterminant. D’abord parce que les cas et les hospitalisations ont diminué plus vite et plus fort chez les plus de 60 ans (les premiers vaccinés) que chez les plus jeunes. Les hospitalisations ont même augmenté de 10 % chez les moins de 60 ans, une aggravation découlant probablement du fait que seuls 20 % d’entre eux avaient reçu les deux injections. Pour finir, les scientifiques israéliens ont comparé l’évolution des indicateurs entre les villes qui ont été les premières à vacciner et celles qui ont démarré plus tardivement. Les premières ont constaté une diminution de 60 % des cas et de 37 % des hospitalisations sévères, alors que les secondes ont enregistré une baisse de respectivement 36 % et 17 %. Cette baisse du nombre de cas chez les sujets les plus âgés (il est trop tôt pour le reste de la population) n’avait pas été observée lors du précédent confinement décrété le 18 septembre. Tout cela tend à prouver que la vaccination commence vraiment à avoir un effet.
Enfin, plusieurs travaux préliminaires semblent démontrer que la vaccination réduit le risque d’être contaminé. Mais il faudra davantage de temps pour savoir si les personnes vaccinées peuvent ou non transmettre le virus. D’ici quelques semaines, nous en saurons sans doute plus sur l’efficacité du vaccin à l’échelle individuelle et sur sa capacité à empêcher la transmission du virus. Ainsi nous pourrons savoir si l’espoir d’une immunité collective est envisageable et à quelle échéance.

 

Une manne providentielle pour l’Italie

 

Après la chute du gouvernement de Giuseppe Conte, Mario Draghi (73 ans), ancien président de la BCE jusqu’en 2019, considéré comme le sauveur de l’euro forme un gouvernement (technique et non politique) d’union nationale et devient le nouveau président du conseil au chevet d’une Italie très affaiblie. L’ex-grand argentier de la zone euro prend les rênes du pays et aura la lourde tâche de la mise en œuvre du fonds de relance européen. Le nouvel homme fort arrivera-t-il à sortir du cirque politique permanent pour faire les bonnes réformes car l’instabilité politique permanente de la péninsule fait trembler ce délicat édifice. En effet, la troisième économie européenne est la principale bénéficiaire de ce plan axé sur la solidarité entre les Vingt-Sept Etats de l’Union européenne. Elle doit recevoir 209 des 750 milliards d’euros de prêts et subventions prévu ce qui lui confère un rôle déterminant dans le succès ou l’échec de cette première expérience de dette commune. Or, sa classe politique se déchire sur sa capacité à utiliser ce pactole et à échafauder un plan de relance solide.
Depuis plusieurs années l’Italie (pays fondateur de l’Europe) est considérée comme le talon d’Achille de la zone euro. Surendetté, sans croissance, le pays ne parvient pas à se réformer et a refusé le soutien du mécanisme européen de stabilité (MES). Le pays ne s’est jamais complètement remis de la crise financière de 2008. Sa dette frise désormais 160 % de son PIB et l’utilisation à bon escient des fonds européens est cruciale pour ne pas s’enferrer dans cette spirale. Or, le gouvernement Conte était accusé de destiner cet argent au financement du train de vie de l’État, au détriment de réformes structurelles. L’Italie a toujours dû faire des choix à cause de la dette. Ces 209 milliards d’euros représente une opportunité historique de moderniser ce pays et il n’y a pas de temps à perdre. Si le pays peine à mettre en œuvre ce fonds de relance, il ne faudra pas attendre longtemps pour que les pays dits « frugaux » (Autriche, Pays-Bas, Danemark, Suède) en tirent des conclusions sur la solidarité européenne et ce serait une défaite pour la France, l’Italie et l’Espagne.

 

Total tourne la page du tout énergies fossiles

 

Le monde de l'énergie perd ses repères et ses frontières hérités de sa longue histoire. Les pétroliers européens investissent massivement dans les énergies renouvelables et entrent de plain-pied en concurrence avec les électriciens historiques. Alors que le groupe présentait des résultats 2020 meilleurs que la plupart de ses concurrents, Total a annoncé qu’il devenait TotalEnergies dans le but d’illustrer cette évolution stratégique majeure. Le nouveau groupe continue sa transformation en une compagnie énergétique au sens large, afin de relever le défi de la transition énergétique et écologique en produisant davantage d'énergie tout en émettant moins de gaz à effet de serre. Cet évènement marquant montre bien que la thématique de l’ISR (investissement socialement responsable) ainsi que celle des critères ESG (environnementaux, sociaux et gouvernance) sont aujourd’hui incontournables quel que soit le secteur d’activité des entreprises. Nous voyons également que cette prise de conscience mobilise tout le monde à commencer par un géant des énergies fossiles comme Total qui montre la voie et le sens de l’histoire en se positionnant en tête de la course aux investissements renouvelables. Ainsi, le groupe contribue-t-il à donner l’impulsion nécessaire aux autres grands acteurs de l’économie, tous secteurs confondus.

Du pétrole pour les cash-flows, du gaz et de l'électricité renouvelable pour la croissance. Total est donc devenu un énergéticien intégré présent dans plusieurs activités :

  • l’électricité renouvelable (éolien et solaire) puisque désormais, le groupe dispose dans ce domaine du pipeline de projets le plus fourni parmi ses concurrents pétroliers. Plus de 20 % de ses investissements annuels, soit environ 2,5 milliards de dollars se sont faits dans ce secteur. Depuis le début de l'année 2021, il a engrangé pour 10 gigawatts de projets éoliens ou solaires (l’équivalent de dix réacteurs nucléaires) et vise 35 gigawatts de capacités en 2025.
  • le pétrole évidemment, dont l’activité exploration et production a généré la moitié du cash-flow du groupe en 2020. La compagnie pétrolière prévoit que ses ventes d'or noir devraient chuter de 30 % dans son mix produit d'ici à 2030. 
  • le gaz naturel liquéfié (GNL) enfin, dont il est le premier producteur mondial et qui pèse plus que le pétrole dans ses ventes depuis deux ans maintenant.

Cette dernière double spécialité lui a d’ailleurs permis de bien résister à la crise pétrolière de 2020. Tirées par une forte demande asiatique, les ventes de GNL ont crû de 3 %, en dépit de la baisse de la consommation globale d'énergie de 5 %.
Le nouveau nom de TotalEnergies est une réponse aux analystes qui pariaient sur une introduction en bourse des activités renouvelables afin de mieux les valoriser. Pour le patron du groupe (Patrick Pouyanné), il n’est pas question d'annoncer un changement de nom pour revenir dans quelques mois à Total « tout court ». En 2020, le groupe français s'en sort mieux que tous ses grands concurrents, avec une perte nette de 7,2 milliards de dollars. ExxonMobil (numéro un mondial) a perdu plus de 20 milliards de dollars en 2020, tout comme BP et Shell. Seul Chevron semble faire mieux, avec une perte de seulement 5,5 milliards de dollars. Mais c'est uniquement parce que contrairement aux autres, l'américain n'a pas déprécié lourdement ses champs pétroliers et gaziers dans ses comptes. Le cœur de la stratégie de Total repose sur les coûts d'exploitation les plus bas du secteur (à 5,10 dollars par baril équivalent pétrole) presque deux fois moins que Shell et pas loin de trois fois moins qu'Exxon. Un signe ne trompe pas sur la capacité de résistance de Total, c'est la seule major européenne à avoir maintenu son dividende au titre de 2020.
De notre point de vue, contrairement à ce que peuvent prétendre certaines voix militantes (comme celle de Greta Thunberg), l’écologie n’est pas une histoire de « gentils contre les méchants » mais plutôt une mutation fondamentale qui emportera tout le monde au même titre que la transition digitale. Dès lors, il est logique de considérer TotalEnergies comme une valeur de plus en plus « socialement responsable ».

 

A surveiller dans les prochaines semaines :

  • évolution de la pandémie en Europe eu aux USA
  • accélération du rythme des campagnes de vaccination et lancement des nouveaux vaccins
  • plans de soutien / relance
  • indicateurs macro-économiques
  • surveillance de l’évolution de la courbe des taux et del’inflation
  • communications des banques centrales

 

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Jeudi 4 mars 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/8893772948363423758

Jeudi 8 avril 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/5445354838960352782

Jeudi 6 mai 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/1203995332105821455

 

 

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le vendredi 2 avril pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     

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