Point mensuel juillet 2021 - Investissements

03/08/2021 - 20 min de lecture

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Point mensuel juillet 2021 - Investissements

Des marchés actions globalement stables malgré davantage de volatilité en raison de la montée des risques liée à la problématique du Covid-19 et de sa souche Delta qui continue de se propager dans le monde, notamment en Asie, mais pas seulement. Dans ce contexte sanitaire de vigilance renforcée, les places boursières entament ce second semestre sur une note prudente mais néanmoins positive. Au cours du mois écoulé, les Etats-Unis ont progressé de 2,8 % ce qui leur permet de combler une partie de leur retard sur l’Europe en hausse d’environ 1,5 %. En revanche, les Emergents et le Japon baissent nettement de 6 % et 3 % respectivement. La parité euro vs dollar n’évolue pas et reste proche des 1,18 quant au baril de pétrole, il se stabilise autour de 75 dollars (le brent). Nos portefeuilles progressent ce mois-ci de 1,1 %.

Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 44,3 % avec une performance globale de 139,6 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 31/07/2021 :

perfs global
graphe

Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane, Espace Liberté et Anaé) au 31/07/2021.

 

Portefeuille type PEA : valorisation : 245 763 €

perfs pea

 

 

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane, Espace Liberté 1 & 2 et Anaé) : valorisation : 225 887 €

perfv av

 

Répartition du portefeuille actuel : 

Répartition

 

Point marchés

 

Comme le mois dernier, la propagation du variant Delta aura retenu l’attention des investisseurs et indisposé à plusieurs reprises les bourses mondiales au cours du mois de juillet. Ces brefs moments de faiblesse, plus marqués au Japon et dans les Emergents, s’expliquent par les craintes suscitées par un redémarrage de l’épidémie de Covid-19. L’expansion de la pandémie un peu partout dans le monde, en Asie, en Europe et même aux États-Unis inquiète les marchés durant de courts instants et leur rappelle qu’il serait imprudent de crier victoire trop tôt en pensant que la vaccination va permettre de stopper toute propagation du virus. En effet, la nouvelle flambée épidémique a contraint plusieurs pays à remettre en place des restrictions notamment de circulation ce qui a pour conséquences de pénaliser les valeurs liées aux déplacements au sens large (voyage, tourisme, hôtellerie, aéronautique, aérien). Seul le Royaume-Uni a choisi une voie diamétralement opposée en confirmant la levée de toutes les restrictions le 19 juillet dernier (avec le « Freedom Day » voulu par Boris Johnson) ce qui n’a d’ailleurs pas empêché le marché londonien de baisser lui aussi. En France, le Parlement a validé le projet de loi relatif à l’obligation vaccinale de certaines professions (comme pour les soignants en Italie) et à l’extension du pass sanitaire qui pourrait faire des émules en Europe. Ce contexte particulier a provoqué un retour de l’aversion au risque de la part des investisseurs, d’où leur méfiance provisoire pour les placements risqués au premier rang desquels les actions. Sans surprise, ils se sont provisoirement reportés sur les actifs réputés les plus sûrs en particulier les obligations d’Etats. Ainsi, les taux des dettes souveraines aux Etats-Unis ou en Europe ont nettement reculé. Le rendement des obligations de l’Etat américain à 10 ans passait de 1,47 % à 1,15 % durant le mois pour s’établir depuis autour de 1,25 %. Sur la même période le rendement des obligations allemandes à 10 ans (référence en Europe) baissait de - 0,19 % à - 0,45 %.

Malgré ce contexte incertain sur le plan sanitaire et le retour prévisible de plus de volatilité, le mois de juillet aura permis aux marchés actions de prolonger cette tendance à la hausse du moins en Europe et aux Etats-Unis. Après avoir connu une courte mais nécessaire période de consolidation (baisse jusqu’à - 5,5 %) due notamment aux interrogations liées à l’émergence du variant Delta, l’Europe a rapidement rebondi avec le marché parisien en locomotive. Ce rebond de part et d’autre de l’Atlantique s’est appuyé sur le soutien indéfectible et renouvelé des banques centrales mais évidemment aussi sur des publications trimestrielles des entreprises plus que convaincantes. En effet, si les marchés actions restent prudents et manquent un peu de dynamisme comme en atteste le volume moyen de transactions encore resserré (beaucoup d’opérateurs sont en vacances), les investisseurs semblent depuis quelques jours mettre temporairement de côté les interrogations liées à la propagation du variant Delta pour se concentrer sur cette première salve de résultats, globalement de très bonne facture. Certes, les chiffres du trimestre écoulé constituent par définition un indicateur retardé, néanmoins les perspectives dressées par les dirigeants des entreprises pour le deuxième semestre ne semblent pas dégradées par d'éventuels risques pesant sur la croissance. D’ailleurs en matière d'objectifs et de prévisions, la tendance est pour l'heure au maintien voire à un relèvement des ambitions selon les secteurs. Nous pourrions presque être surpris que d’aussi bons résultats ne permettent pas aux marchés actions de prendre plus de hauteur en particulier si nous tenons compte des prévisions revues à la hausse qui devraient continuer de nourrir à court moyen terme cet élan haussier.

Ce dernier mois aura donc vu les places boursières mondiales enregistrer des performances pour le moins contrastées avec d’un côté, les Émergents et le Japon qui traversent une mauvaise passe et de l’autre, les indices américains et européens qui continuent leur marche en avant, ces derniers maintenant leur avance sur Wall Street malgré le regain de forme des valeurs de croissance en particulier technologiques (plus présentes au sein des indices américains). A l’arrivée, les marchés actions américain et européen poursuivent leur quête vers de nouveaux plus hauts malgré une volatilité accrue liée au contexte sanitaire (indice VIX passé de 17 à 23). Si dernièrement les marchés ont parfois donné l’impression de faire du sur-place, il est à noter que chaque trou d’air comme celui du 8 juillet (- 2, 01 % pour le CAC 40) ou du 19 juillet (-2,56 %, plus forte baisse de l’année 2021 pour l’indice parisien) a immédiatement servi d’opportunité aux investisseurs pour rentrer sur les marchés ce qui a permis de gommer ces rares prises de bénéfices. L’actualité liée au variant n’est pas venue altérer au-delà de quelques séances l’environnement globalement favorable pour les marchés actions. Les principaux indices enregistrent donc des performances comprises entre – 2,2 % et + 19,4 % depuis le début de l’année. Les places boursières européennes font toujours la course en tête même si leur rythme a un peu ralenti ces derniers temps. Le marché européen qui surperformait nettement les autres places boursières y compris Wall Street marque un peu le pas. Ainsi, l’indice de la zone euro (l’Euro Stoxx 50 à 4 089 points + 14,8 % hors dividendes) se rapproche doucement de son sommet d’octobre 2007 (à 4 480 points), tandis que la bourse de Francfort (Dax 30 à 15 544 points + 13 %) est proche de son plus haut historique. Loin devant, l’indice parisien (CAC 40 à 6 630 points à + 19,4 %) ne faiblit pas. La tendance est toujours largement positive à Wall Street où l’indice de référence des professionnels, le Standard & Poor’s 500 (à 4 400 points + 17,1 %) navigue toujours au-dessus de ses plus hauts historiques tout comme le Nasdaq (à 14 689 points + 13,9 %). En revanche, les Emergents (- 2,2 %) et le Japon (- 0,6 %) ont désormais basculé en territoire négatif depuis le début d’année.

 

Convictions d’investissements

 

Nous conservons une vue constructive pour la seconde partie d’année et considérons toujours que le retour à la normale de l’activité économique dans le monde (c’est à dire son niveau d’avant crise de décembre 2019) devrait se profiler fin 2021 début 2022 à condition toutefois que la situation sanitaire continue d’évoluer favorablement. L’économie mondiale restera solidement arrimée à un scenario de forte reprise (+ 6 % en 2021). Après la récession de l’économie européenne l’hiver dernier (baisse du PIB de 0,3 %), celle-ci a également renoué avec la croissance au cours du dernier trimestre écoulé grâce aux progrès de la vaccination et à la levée progressive des restrictions sanitaires. Le PIB de la zone euro a ainsi progressé de 2 % au deuxième trimestre dépassant les Etats-Unis (+ 1,6 %) et la Chine (+1,3 %). Ce décalage entre les trois principales zones économiques est dû notamment aux impacts différenciés de la pandémie. De leur côté, les indicateurs macro-économiques continuent d’être solides et rassurants. L’activité manufacturière se maintient toujours à un niveau élevé depuis la forte hausse entamée depuis le troisième trimestre 2020, quant aux services, ils continuent d’accélérer significativement au fur et à mesure que les secteurs convalescents reviennent progressivement vers un rythme d’activité satisfaisant. Le moral des chefs d’entreprise est toujours au beau fixe et contribue lui aussi à cet optimisme général. Ils voient les difficultés d’approvisionnement en matières premières et en semi-conducteurs rentrer progressivement dans l’ordre ce qui devrait permettre de lever les dernières incertitudes. Enfin, la poursuite et la fin des publications des résultats des entreprises pour le second trimestre devraient continuer à être dans les tous prochains jours un soutien non négligeable pour les marchés actions. Ils sont jusqu’ici plutôt bien accueillis en Europe et aux États-Unis car ils ressortent supérieurs aux attentes. Comme souvent, l’excellence de ces chiffres n’est pas ce qui prime le plus aux yeux des investisseurs. La manière avec laquelle ces derniers accueilleront les prévisions des chefs d’entreprises pour la seconde partie de l’année reste plus que jamais déterminante pour permettre aux marchés actions de ne plus donner l’impression de manquer de carburant (d’être sur un faux plat).
Dans ce contexte favorable, notre stratégie demeure donc inchangée. Notre sentiment de marché au cœur de cette parenthèse estivale penche toujours pour un été positif, avec des marchés financiers qui poursuivront leur marche en avant mais qui pourraient également devoir composer avec davantage de volatilité synonyme à court terme d’épisodes baissiers un peu plus nombreux ou disons plus importants.

En ce qui concerne le sujet récurrent de l’inflation, avec une dernière publication ressortie encore une fois au-dessus des attentes (5,4 % pour le mois de juin), la hausse des prix sur un an devient définitivement une réalité (cf. points mensuels de mai & juin). La question du caractère transitoire ou non de ce pic reste toujours sans réponse mais la Fed commence à reconnaitre qu’elle n’avait pas anticipé un mouvement si important. Elle ne remet pour l’instant pas en question son scénario central de normalisation de la progression des prix dans les prochains mois ; les marchés adhèrent toujours pleinement à ce discours. Lors de sa dernière conférence de presse, Jerome Powell a néanmoins reconnu que des discussions à propos du ralentissement du rythme de rachats d’actifs (« tapering ») avaient eu lieu entre les membres du comité de politique monétaire, sans pour autant avancer une quelconque réflexion quant au calendrier probable. Le symposium de Jackson Hole sera certainement l’occasion d’évoquer la suite pour la Fed. Même si les marchés se satisfont de la posture actuelle, nous estimons que celle-ci ne sera pas tenable en cas de redressement significatif du marché de l’emploi. En effet, il pourrait devenir risqué pour les autorités monétaires américaines de ne pas préparer le marché suffisamment tôt à un tel changement de cap.

En conclusion, nous pensons que le vrai risque pouvant réellement contrarier les marchés financiers et donc retarder le vrai retour à la normale pourrait venir de l’incapacité de certains pays à vacciner une proportion suffisante de leur population (comme actuellement les Etats-Unis qui plafonnent à 50,2 %) ainsi que d’un taux d’efficacité moins bon des vaccins pour limiter la transmission du virus par les sujets vaccinés au reste de la population. Ces deux risques auraient pour conséquences négatives d’empêcher de parvenir à l’immunité collective espérée mais aussi d’atteindre une masse critique beaucoup plus tôt que prévu (le fameux plafond de verre du « syndrome du vacciné » qui se croit protégé et immunisé dès la première dose). Seule certitude, la poursuite de la vaccination au niveau mondial constitue le seul véritable rempart à ce variant Delta et sans doute à toute autre forme de mutation de ce dernier.

 

Des marchés actions chinois en pleine turbulences

 

Les marchés actions chinois ont accentué leur retard sur leurs homologues des pays développés en juillet sous l’effet de nouvelles mesures de Pékin ciblant cette fois la réglementation des sociétés privées du secteur de l’éducation. En 2020, les premières restrictions ont visé les géants d’internet, avec notamment la suspension de l’introduction en bourse d’Ant Group, la fintech du groupe Alibaba suivie de la mystérieuse disparition de son dirigeant Jack Ma pendant 3 mois.
Quelques semaines après une entrée remarquée au New York Stock Exchange avec une levée de fonds de plus de 4 milliards de dollars, le leader des VTC chinois Didi a été ciblé par des sanctions de Pékin, accusé de ne pas avoir respecté les règles d’utilisation des données personnelles de ses clients. La teneur des sanctions n’est pas encore connue, mais certains vont jusqu’à évoquer un retrait de la cote ou une amende record comme cela avait été le cas pour Alibaba il y a quelques mois. Le groupe de e-commerce a d’ailleurs subi sa première perte en neuf ans suite à l’amende de 2,3 milliards infligée par Pékin pour « pratiques monopolistiques ».
Dans tous ces exemples, les pressions sont exercées sur des motifs réglementaires. Après des années de laisser-aller et d’ouverture des marchés de capitaux aux flux étrangers, les autorités chinoises entendent bien reprendre le contrôle. En annonçant fin juillet des mesures contre les entreprises du secteur de l’éducation privée, Pékin a contribué à instaurer un sentiment de défiance envers les actions chinoises, envoyant les indices locaux 8% plus bas en 3 jours. Les sociétés concernées ne pourront donc plus se financer à partir de capitaux étrangers et devront transformer leurs statuts en organisations à but non lucratif. Une reprise de contrôle radicale alors que Xi Jinping s’était inquiété à plusieurs reprises depuis le début de l’année d’un secteur « perverti par l’argent ».
Alors que le gouvernement cherche à relancer la natalité compte tenu de l’évolution défavorable de la démographie (en autorisant le mois dernier la naissance d’un troisième enfant par couple), il compte sur ces mesures pour alléger le fardeau financier de l’éducation qui pèse sur les familles (près de 10% de leurs dépenses totales). Le crédo affiché du gouvernement chinois « renforcer l’anti-monopole et empêcher l’expansion désordonnée du capital » entend s’attaquer aux inégalités qui n’ont cessé de croitre alors que de véritables empires financiers se sont créés via l’émergence des grands groupes cotés.
D’un point de vue financier, si les restrictions de cotation à l’étranger contribuent à générer de la volatilité, elles pourraient représenter une opportunité pour les marchés domestiques pour les années à venir. Il parait difficilement concevable d’imaginer les autorités chinoises revenir sur l’ouverture des marchés locaux aux capitaux étrangers. Elles ont même intérêt à soutenir ces marchés qui restent, pour l’heure, majoritairement investis par les acteurs locaux.

 

Dans un contexte d’incertitudes liées au variant Delta la BCE précise sa nouvelle stratégie

 

Chaque intervention de Christine Lagarde fait évidemment l’objet de toutes les attentions de la part des marchés financiers en particulier en ce mois de juillet où la BCE était particulièrement attendue.
Ce fut d’abord le cas en début de mois concernant sa revue stratégique sur laquelle elle planchait depuis début 2020, une première depuis 2003. La banque de la zone euro poursuivait l’objectif de satisfaire les demandes maintes fois exprimées de faire mieux comprendre sa politique et de rendre sa communication plus concise et plus claire. La présentation de ses conclusions le 8 juillet dernier était donc l’occasion pour elle de dévoiler sa nouvelle stratégie qui servira à l’avenir de base pour guider ses choix en matière de politique monétaire. Le changement le plus notable concerne l’assouplissement de ses objectifs en matière d’inflation ce qui constitue une petite révolution. En effet, la BCE dont le principal mandat est la stabilité des prix, a fait le choix d’assouplir son objectif d’inflation. Alors que depuis dix-huit ans elle recherchait une inflation en dessous mais proche de 2 %, désormais elle visera une inflation de 2 % à moyen terme. Autrement dit, elle s’accorde plus de marge de manœuvre avec des hausses de prix qui peuvent être temporairement supérieures à 2 %. Elle reconnaît ainsi que des déviations modérées et temporaires, au-dessus comme en dessous de l’objectif, seront désormais possibles. Cette nouvelle position offre davantage de flexibilité et fait disparaître l’idée implicite d’un plafond infranchissable au-delà duquel elle était systématiquement contrainte de durcir sa politique monétaire pour agir sur les prix. La nouvelle formulation de l’objectif d’inflation a le mérite de clarifier les choses.

Puis par la suite, l’institution de Francfort devait à l’occasion de sa réunion de politique monétaire fin juillet présenter son analyse de la situation économique de la zone euro. Malgré le net rebond de l’économie de la zone euro et comme le prévoyait le marché, le Conseil des gouverneurs de la BCE a décidé de maintenir l’arsenal anticrise mis en place en mars 2020. Certes, la reprise de l’économie dans la zone euro est solide, mais la pandémie continue de semer le trouble avec un variant Delta qui constitue une source croissante d’incertitudes. Or, les perspectives continuent de dépendre de l’évolution de la pandémie et des progrès de la vaccination. De plus, la remontée des contaminations due à cette nouvelle souche du Covid-19 pourrait freiner la reprise dans les services, notamment dans le tourisme et l'hôtellerie. Ainsi la BCE a indiqué qu’elle maintenait ses taux directeurs à leur plus bas historique, notamment celui, négatif à - 0,5 %, qui taxe les dépôts des banques, faute d’être distribués dans l’économie. Elle a par ailleurs précisé ne pas anticiper de hausse de ses taux avant de voir les perspectives d’inflation atteindre durablement le nouvel objectif de 2 %. La BCE prévoit par ailleurs que les achats d’actifs dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) se poursuivront durant le prochain trimestre à un rythme nettement plus élevé que lors des premiers mois de l’année. Elle renouvèle une fois de plus que ses taux resteront à zéro au moins jusqu’en 2023, terme de sa « forward guidance » (orientation future) et tant que l’inflation ne sera pas durablement à 2 %. Sur ce dernier point, aucun membre de la BCE n’a souhaité durcir la politique monétaire trop rapidement considérant que l’inflation serait transitoire en 2021 et diminuerait en 2022.

Enfin, annonce plus « secondaire » mais néanmoins suffisamment importante pour être soulignée, la BCE a également indiqué qu’elle entendait aussi s’engager davantage dans la lutte contre le changement climatique. Elle considère que ce thème a de profondes conséquences sur la stabilité des prix, à travers son impact sur l’emploi ou la production. Elle prévoit de prendre en compte la crédibilité environnementale d’une entreprise pour déterminer si elle peut acquérir un actif ou le considérer comme une garantie. La BCE procédera donc également à des tests de résistance climatique afin d’évaluer l’exposition de la zone euro aux risques climatiques.

 

La gestion de la crise du Covid-19 provoque des écarts grandissants entre les Etats

 

D’après un récent rapport du FMI, l'évolution de la pandémie depuis le printemps 2020 et l'accès inégal aux vaccins dans les différentes zones du globe amplifient les divergences entre les pays. Si au niveau mondial la prévision de croissance en 2021 reste toujours inchangée à 6 %, de nombreux pays ont vu leurs chiffres révisés à la baisse au cours du dernier trimestre. Sans surprise, les prévisions sont globalement à la hausse pour la plupart des économies développées et inversement, plutôt à la baisse dans les économies émergentes. De même, sur le front de la vaccination, le rapport souligne une très grande disparité selon les zones géographiques. Si près de 40  % de la population des pays développés a été totalement vaccinée, en revanche moins de la moitié de ce nombre dans les pays émergents et une infime fraction dans les pays dits à faible revenu ont pu bénéficier du précieux sérum. Ce bilan reflète bien à quel point la rapidité de réaction des gouvernements pour mettre en place des plans de soutien et faciliter l’accès aux vaccins aura été déterminante. Il dresse également le constat implacable que la sortie de crise est beaucoup plus compliquée pour les pays qui n’appartiennent pas au « club » privilégié des pays développés.

C'est donc bien une course contre la montre qui se joue au niveau planétaire entre les variants du Covid- 19 et la vaccination, marquant véritablement une division entre deux blocs. Quand la plupart des pays avancés peuvent s'attendre à une normalisation de l'activité d'ici à la fin de l'année, d'autres sont exposés à une recrudescence des infections ainsi que des niveaux toujours élevés de décès comme en Afrique, en Amérique latine et surtout en Asie. Ainsi, la révision à la baisse du PIB est sévère pour l'Inde, durement touchée par l'émergence du variant Delta (ex variant indien), ce qui laisse augurer une lente reprise de la confiance. De la même manière, une situation analogue se produit actuellement dans cinq États de la zone Asean (Indonésie, Malaisie, Philippines, Thaïlande, Vietnam), où les récentes vagues d'infection freinent nettement l'activité. A titre d’exemple, les autorités vietnamiennes viennent de décider un couvre-feu à Ho Chi Minh-Ville, la capitale économique, où la population est déjà soumise à des restrictions de déplacement. Dans le même sens, la Thaïlande vient d’instaurer son premier confinement à Bangkok. La perspective d’un monde avec d’un côté les populations des économies développées vaccinées et de l’autre celles des économies moins avancées insuffisamment vaccinées n’est souhaitable et satisfaisante pour personne. Le FMI insiste donc sur la nécessité d'une coopération multilatérale entre les Etats pour garantir un accès équitable aux vaccins et se félicite de l'augmentation des droits de tirage spéciaux (monnaie de réserve du FMI) de 650 milliards de dollars (une première depuis 2008) qui doit permettre à partir de septembre de renforcer les capacités financières des pays les plus vulnérables.

Le dernier facteur qui accentue les divergences vient des politiques budgétaires, d'une force de frappe bien supérieure dans le monde développé, adossées à des politiques monétaires ultra généreuses. Naturellement les États-Unis viennent forcément à l’esprit dont l’économie aura été dopée par une succession de méga plans de relance puis de soutien annoncés dernièrement par Joe Biden. Même si le président américain a dû revoir à la baisse ses ambitions et faire face à la farouche résistance des Républicains au Congrès, les prévisions de croissance entre avril et juillet ont été sensiblement revues à la hausse. D’après les dernières estimations, ces stimuli budgétaires devraient permettre à la croissance américaine de gagner 0,6 % de PIB pour 2021 et jusqu’à 1,4 % pour 2022. Des évolutions similaires sont également attendues dans plusieurs États européens comme l’Italie ou l’Allemagne ainsi qu’au Royaume-Uni ou au Canada grâce notamment à l'importance de la couverture vaccinale. Ses prévisions restent en revanche inchangées pour la France.

Néanmoins, gardons-nous bien de pêcher par excès de confiance. Plusieurs risques pèsent encore sur une conjoncture mondiale encore incertaine. L’évolution des variants sur le plan sanitaire ainsi qu’une possible accélération de l'inflation, dont les signaux se manifestent pour le moment essentiellement aux États-Unis, mettent en garde contre un possible durcissement prématuré des conditions financières, d’abord outre-Atlantique. Ce changement de politique monétaire (principalement de la part de la Réserve fédérale américaine) pourrait avoir des répercussions négatives sur les économies, notamment les moins avancées. Bien que l’annonce d’une prochaine réduction progressive des mesures accommodantes côté Etats-Unis (fin 2021 ou début 2022) reste le principal sujet de discussion dans la sphère financière, le dernier message de Jerome Powell (patron de la Fed), n’aura apporté aucun élément de réponse en ce sens.

croissance_pib

 

A surveiller dans les prochaines semaines :

  • évolution de la pandémie avec ces nouveaux variants
  • progression du taux de vaccination dans le monde
  • indicateurs macro-économiques
  • communications des banques centrales 
  • poursuite des négociations du plan de relance bipartisan aux Etats-Unis

 

 

Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :

Mardi 7 septembre 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/3529458029319706896

Jeudi 7 octobre 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/6568491675818199824

 

Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le jeudi 2 septembre pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.prochain 

 

L’illustration graphique présentée ne constitue pas une prévision de la performance future de vos investissements. Elle a seulement pour but d’illustrer les mécanismes de votre investissement sur la durée de placement. L’évolution de la valeur de votre investissement pourra s’écarter de ce qui est affiché, à la hausse comme à la baisse. En poursuivant votre navigation, vous reconnaissez avoir pris connaissance de cet avertissement, l’avoir compris et en accepter le contenu. Les informations et analyses diffusées par Parlons Patrimoine ne constituent qu’une aide à la décision pour les investisseurs. La responsabilité de la caisse régionale Crédit Agricole Pyrénées Gascogne ne peut être retenue directement ou indirectement suite à l’utilisation des informations et analyses par les lecteurs. Il est recommandé à toute personne non avertie de consulter un conseiller professionnel avant tout investissement. Ces informations indicatives ne constituent en aucune manière une incitation à vendre ou une sollicitation à acheter.
Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :

  • Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
  • Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie 
  • Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
  • Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle
     

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