Point mensuel novembre 2020 - Investissements
02/12/2020 - 20 min de lecture
Rubrique : Epargne et investissement
tout un mag pour vous
Point mensuel novembre 2020 - Investissements
Des marchés actions en très forte hausse suite à l’annonce des résultats prometteurs des premiers vaccins et l’espoir de lancements proches. Les Emergents, le Japon et les Etats-Unis progressent de 10 à 15 % tandis que l’Europe bondit de 20 %. La perspective d’entrevoir une fin possible à cette crise sanitaire a entrainé une importante hausse des flux sur les marchés actions mondiaux et une spectaculaire baisse de la volatilité de plus de 50 % (indice VIX passé de 42 à 20). L’or perd 15 % à 1 772 dollars l’once depuis son point haut du 5 août dernier à 2 070 dollars, alors que l’euro a franchi le niveau de 1,20 dollar (+ 3 % sur le mois) tendance qui devrait au contraire soutenir à la hausse le cours du métal précieux ainsi que les autres matières premières comme le baril de pétrole qui d’ailleurs a progressé de 30 % en novembre (brent à 47 dollars). Nos portefeuilles progressent de 7,2% ce mois-ci.
Par rapport à nos concurrents (catégorie Quantalys allocation Monde offensive), notre avance est de 34,6 %, avec une performance globale de + 110,4 % depuis le 31/12/2011. Résultats de nos conseils d’investissements au 30/11/2020 :


Comme chaque mois, voici le tableau des performances des investissements que nous conseillons : nous avons investi 100 000 euros sur chaque portefeuille type au 31 Décembre 2011, et nous donnons donc la performance du portefeuille et de chaque ligne pour les supports PEA et assurance-vie (Floriane et Espace Liberté) au 30/11/2020.
Portefeuille type PEA : valorisation : 214 700 €

Portefeuille type Assurance-vie (Floriane et Espace Liberté 1 & 2) : valorisation : 199 300€

Répartition du portefeuille actuel :

Point marchés
Les marchés financiers abordent la dernière ligne droite de l’année avec une insolente confiance depuis que le moral des investisseurs est enfin revenu au beau fixe après des mois d’anxiété depuis la déflagration de cette pandémie mondiale. La fin du suspense sur l’élection américaine mais surtout l’espoir de la commercialisation rapide de plusieurs vaccins contre le Covid-19 les ont galvanisés. Ils espèrent que 2021 sera l’année du rebond de la croissance.
Le scénario des dernières semaines aura été parfait pour les marchés. Ces derniers étaient déjà d’excellente humeur avec le résultat de l’élection présidentielle américaine début novembre : victoire de Joe Biden et la très probable cohabitation entre un président démocrate et un Sénat à majorité républicaine. C’est la garantie de l’absence de grande rupture sur le plan économique et d’un apaisement salutaire en matière de politique étrangère.
Mais la délivrance tant espérée est venue des annonces coup sur coup de l’alliance entre le laboratoire américain Pfizer et la biotech allemande BioNtech (le 9 novembre), puis de l’entreprise américaine de biotechnologies Moderna (le 16 novembre) et enfin de la coopération entre les britanniques AstraZeneca et l’université d’Oxford (le 23 novembre) de leurs résultats de phase 3 concernant leur vaccin dont l’efficacité (95 % et 94,5 % pour les deux premiers cités) sur les formes les plus sévères de la maladie et les populations les plus vulnérables suscite l’optimisme. Pour bien mesurer un tel niveau de performance, il est pertinent de rappeler que le taux d’efficacité du vaccin contre la grippe saisonnière est compris « seulement » entre 50 et 70 %. Il faut remonter au vaccin contre la rougeole dans les années soixante pour retrouver un niveau d’efficacité supérieur à 90 %. La perspective d’une commercialisation rapide de vaccins aussi performants marque les esprits, bouscule la donne, bref rassure tout simplement. Elle laisse entrevoir avec plus de visibilité un retour à la normale de l’activité économique mondiale des économies développées. La réalité très prochaine (quelques semaines à peine) de disposer bientôt de différentes solutions pour combattre le Covid-19 aura fini d’éclaircir l’horizon des investisseurs et permis de rassurer les marchés. Pour ce faire, Pfizer et Moderna sont dans l’attente des validations imminentes par les agences des médicaments européenne (EMA) et américaine (FDA) de leurs demandes d’autorisations de mise sur les marchés en urgence de leur vaccin.
Cette succession de nouvelles à l’origine du bond incroyable des marchés actions aura déclenché la liesse des investisseurs. Ce spectaculaire rebond des marchés est à la fois le pendant de la mémorable correction de février-mars, mais également à la hauteur de l’immense attente suscitée pas le vaccin. Ainsi, pour la deuxième fois de son histoire (la 1ère remonte à février 1988), le CAC 40 s’est envolé d’environ 20 % en l’espace d’un mois (+ 1 000 points repris en ligne droite en novembre en à peine quinze jours) permettant à l’indice parisien de n’être plus négatif que de 6 % depuis le début de l’année ; une séquence de hausse impressionnante voire même une performance inespérée si l’on se souvient qu’au plus bas de la correction des indices boursiers (mi-mars), le marché parisien avait touché le fond à - 40 %. Les volumes ont battu des records. Plus de 70 milliards d’euros en l’espace de deux semaines avec certains jours, plus de 8 milliards d’euros qui ont changé de mains sur les grandes valeurs françaises. C’est plus du double des volumes habituellement traités.
Pour illustrer le caractère exceptionnel du rebond réalisé par les places boursières européennes, il convient de souligner les 17 séances de hausse sur 21 possibles et surtout l’absence de véritables prises de bénéfices de la part des investisseurs. A peine quelques micro-respirations, c’est dire si leur enthousiasme est réel et s’ils guettaient l’occasion d’appuyer sur le bouton « achat » à la moindre annonce sérieuse d’un vaccin d’une réelle efficacité. La rotation sectorielle tant attendue pour offrir une nouvelle impulsion aux indices actions toujours en territoire négatif (essentiellement l’Europe avec Paris, Madrid et Milan) est à l’œuvre. Après plusieurs faux départs, le mouvement entamé depuis un mois semble bien enclenché pour que les valeurs cycliques (décotées) l’emportent sur les valeurs de croissance (écart en relatif d’environ 15 % en Europe et de 30 % aux Etats-Unis) dans une phase que l’on pourrait qualifier de rattrapage ou de rééquilibrage après cinq années de contre-performance.
L’euphorie récente est mondiale. Wall Street flirte de nouveau avec des sommets historiques ; le Standard & Poor’s 500 et le Nasdaq sont revenus respectivement à plus de 3 600 et 12 000 points et même le Dow-Jones (plus vieil indice au monde) a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 30 000 points. Les marchés jugés plus fragiles comme l’Italie, l’Espagne ou la Grèce ont également connu des envolées spectaculaires.
Perspectives et scenario
Le progrès de la science (technique révolutionnaire de l’ARN messager utilisée par Moderna ou BioNtech) nous permettrait tout d’un coup de basculer dans une nouvelle période, celle à horizon 6 à 9 mois d’un monde débarrassé du virus du Covid-19 alors même que nous envisagions plutôt la perspective morbide de devoir cohabiter encore longtemps avec lui. L’éventualité déprimante de devoir régulièrement alterner les périodes de confinement et de déconfinement devrait n’être bientôt plus qu’un mauvais souvenir. L’annonce des vaccins nous permet d’envisager le scenario réjouissant d’une reprise économique mondiale à partir de 2021. Plus les découvertes de nouveaux vaccins accélèreront, plus l’économie repartira vite et de manière synchronisée. L’une des vertus du vaccin est qu’il apportera la solution de mettre un terme définitif à cette crise sanitaire. Si son impact sur les marchés financiers est d’ores et déjà une réalité, celui sur l’économie n’est pas encore pour tout de suite. C’est la raison pour laquelle il nous parait important de rappeler qu’il serait illusoire d’imaginer que nous puissions à nouveau atteindre le niveau d’activité de 2019 dès 2021, mais plutôt d’envisager un retour à l’équilibre début 2022. En effet, enrayer cette pandémie passera par une nécessaire vaccination de 50 à 60 % de la population mondiale afin de parvenir à une immunité collective (ce qui n’est pas gagné).
Nous pensons que 2021 bénéficiera d’un bon alignement des planètes afin de permettre au marché actions de poursuivre sur cette tendance haussière reposant sur la combinaison gagnante de trois piliers :
- sanitaire évidemment, avec la multiplication des vaccins et les débuts d’une vaccination de masse.
- monétaire ensuite, avec des politiques des banques centrales toujours accommodantes, principal carburant et soutien des marchés financiers si la situation devait l’exiger
- .budgétaire enfin, avec l’entrée en vigueur attendue des plans de relance européen et américain.
A ces trois volets, nous pouvons ajouter l’indispensable amélioration des indicateurs macro-économiques ainsi qu’un optimisme retrouvé de la part des entreprises qui doivent permettre aux secteurs délaissés (foncières, hôtellerie, tourisme, restauration, aérien aéronautique etc) victimes des mesures de distanciation sociale d’envisager une sortie du tunnel qui, certes sera longue, mais que néanmoins nous pouvons enfin commencer à entrevoir.
Retour en force des cycliques mais des valeurs de croissance à conserver
Comme nous l’avions souvent évoqué, l’entame de cette deuxième phase de hausse des marchés actions (la première a eu lieu entre mars et juin) n’était possible que grâce aux valeurs cycliques qui conduisent la hausse et ont sonné la révolte depuis un mois. Les marchés mondiaux se projettent dans l’après Covid-19 et les investisseurs ont changé leur fusil d’épaule. Ils se tournent désormais vers les secteurs sinistrés qui offrent désormais un peu plus de visibilité pour les trimestres à venir. Les secteurs les plus recherchés ces derniers temps sont l’aérien, l’aéronautique, le pétrole, l’automobile, l’hôtellerie ou encore la banque. Si un indice comme le CAC 40 a pleinement bénéficié de « l’effet vaccin », c'est qu'il est composé de nombreuses valeurs cycliques qui ont été le plus durement touchées par la crise et qui ont bondit consécutivement aux annonces de vaccins. Le fait que cet indice inclut peu de valeurs technologiques explique pourquoi, les mois précédents, il a été distancé par des indices comme le Standard & Poor’s 500 beaucoup plus sensible aux valeurs technologiques et pourquoi, ponctuellement, il « surperforme » les indices américains.
A titre d’exemple, parmi les plus fortes hausses à la bourse de Paris depuis début novembre, nous retrouvons Air France KLM avec un bond de plus de 60 %, Airbus + 45 %, ou encore Safran + 40 %. Le spécialiste des services pétroliers Vallourec a plus que doublé de valeur depuis le début du mois. Le titre de la Société Générale grimpe de près de 45 % depuis début novembre et celui de BNP Paribas, qui avait un peu moins souffert, d’environ 40 %. Dans le tourisme, Accor s’offre un rebond comparable. À côté de ces valeurs cycliques, les secteurs structurellement endettés, qui faisaient figure de repoussoirs, reviennent également en force. L’immobilier coté (foncières) qui a été envoyé au tapis avec la fermeture des centres commerciaux et la généralisation du télétravail a vivement rebondi. Klepierre et Unibail Rodamco ont pratiquement doublé de valeur depuis le début du mois tandis qu’Icade et Mercyalis ont grimpé d’environ 60 %. Désormais plus confiants sur les perspectives de croissance, les investisseurs se tournent naturellement vers des valeurs sensibles à l’inflation comme l’immobilier côté et la banque. De telles hausses peuvent paraître spectaculaires, néanmoins elles sont encore insuffisantes pour permettre à des titres de retrouver leur valeur d’avant crise. A titre d’exemple, lorsqu’un titre cote 100 euros, qu’il subit une baisse de 70 % et tombe à 30 euros, il doit rebondir de 233 % pour retrouver son cours du début.
Il convient néanmoins de rester prudent concernant la poursuite du rebond de l’ensemble des valeurs cycliques (ou décotées) car les bonnes nouvelles récentes ne balayent pas les incertitudes pour tous les secteurs. Si certains comme le pétrole, l’automobile ou la banque peuvent envisager l’avenir avec un optimisme retrouvé, d’autres comme l’aérien, l’aéronautique, l’hôtellerie, le tourisme mettront encore des années avant de retrouver le niveau d’activité qui était le leur avant la pandémie.
C’est pourquoi il est recommandé de conserver précieusement en portefeuille des valeurs de croissance (plus défensives) à forte visibilité comme la technologie, le luxe ou la santé qui ont bénéficié d’un statut de valeur refuge depuis le début de la crise sanitaire. L’économie dans sa globalité risque de mettre du temps à se redresser, aussi les champions de la croissance comme les Gafam américaines (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou les géants français du luxe, les presque aussi fameux Khol (Kering, Hermès, L’Oréal, LVMH), conserveront de solides atouts et doivent coexister aux côtés de valeurs retrouvant un regain d’intérêt de la part des investisseurs afin de constituer une allocation équilibrée. Comme toujours, tout est affaire de dosage et de diversification.
Une BCE attendue au tournant
L’argument principal expliquant la raison pour laquelle les actions devraient encore connaître les faveurs des investisseurs en 2021 repose toujours sur le soutien inconditionnel et renouvelé des politiques monétaires accommodantes des banques centrales toujours à la manœuvre. Lors du dernier forum annuel des institutions monétaires de Sintra, Jerome Powell pour la Fed et Christine Lagarde pour la BCE ont réaffirmé leur engagement à soutenir l’économie.
Fin octobre, dans un contexte d’inquiétude liée à la deuxième vague de Covid-19, la Banque centrale européenne avait préparé les esprits à un probable nouveau renforcement de sa politique afin de stimuler l’économie. Face aux risques qui pèsent sur la croissance, elle avait communiqué sur son intention d’agir en ce sens à l’occasion de sa prochaine réunion du 10 décembre prochain. Evènement rare, elle avait annoncé à l’avance davantage d’assouplissements et avait (si besoin) confirmé son soutien indéfectible en fonction de la mise en œuvre (retardée) du plan de relance européen (en raison du véto de la Hongrie et de la Pologne), de la levée partielle ou totale des mesures de confinement en Europe, des débuts de campagnes de vaccination ou bien encore des dernières publications macroéconomiques. Les marchés savent mieux que personne que les munitions en réserve ne manquent pas (cf. point mensuel d’octobre). Parmi les nouvelles décisions anticipées par les marchés, il se dit que l’institution de Francfort pourrait autoriser les banques de la zone euro à distribuer des dividendes à condition que ces dernières aient annoncé avoir fait des bénéfices en 2020. Ce signal fort contribuerait à rendre le secteur bancaire à nouveau attractif aux yeux des investisseurs et favoriserait par conséquent le rebond boursier d’un secteur bancaire boudé depuis plusieurs années par les opérateurs.
Vers une entente retrouvée entre la Fed et le département du Trésor américain
En attendant la réunion de la Fed mi-décembre et ses possibles annonces, la principale nouvelle à commenter concerne la très probable nomination par Joe Biden de Janet Yellen au poste clé de secrétaire d’Etat au Trésor (équivalent du ministre de l’économie et des finances en France). Dans le domaine de l’économie et de la finance, il ne restait pratiquement aucune fonction prestigieuse qui n’ait pas été occupée par l’ancienne patronne de la Fed (sous Obama).
Ce choix éminemment politique par le futur locataire de la Maison-Blanche ne doit rien au hasard. Après avoir piloté la politique monétaire des États-Unis (de 2014 à 2018) et donné le tempo au reste de l'économie mondiale, cette économiste chevronnée aura l’immense tâche de conduire la politique budgétaire du pays dont le PIB plongera d'au moins 3,5 % en 2020 et dont le chômage à 6,9 % restera encore élevé en raison de la crise liée au Covid-19. Elle devra également négocier avec un Sénat (sauf surprise) à dominante républicaine, qui risque assez souvent de vouloir prendre le contre-pied de certaines mesures souhaitées par le candidat Biden. Cette démocrate modérée respectée par les républicains et les marchés, devra mettre à profit son sens reconnu du consensus en vue d’élaborer un vaste plan de soutien à l'économie pour contrer le risque de rechute des États-Unis en récession ainsi que pour mettre en musique les principaux axes du programme du président élu comme la politique de grands travaux, la hausse de 21 à 28 % de l’impôt sur les sociétés, la relance du programme de santé (obamacare) détricoté sous l’administration Trump ou la hausse du salaire horaire minimum à 15 dollars.
Plan de relance européen, le jeu risqué de Budapest et Varsovie
En pleine deuxième vague de la pandémie en Europe et alors qu’ils en ont grandement besoin, la Hongrie et la Pologne mettent en péril le fragile édifice budgétaire élaboré par l’Union européenne (UE) en bloquant le plan de relance européen. Le 16 novembre, Varsovie et Budapest ont mis leur veto au fonds de relance exceptionnel de 750 milliards d’euros et par conséquent au budget pluriannuel (2021-2027) de l’UE. Ce « package » historique, accouché au forceps par les « Vingt-Sept » à l’issue d’un sommet mémorable en juillet dernier, se retrouve donc provisoirement dans l’impasse. Après quatre mois de laborieuses négociations entre l’exécutif et le Parlement européen, les marchés financiers pourraient vraiment commencer à s’impatienter.
En cause, les conditions posées au versement des fonds sur le respect de « l’État de droit ». Des clauses exigées par les pays dits « frugaux » (Pays-Bas, Danemark, Autriche, Suède) qui étaient opposés dès le départ à l’idée de ce plan d’aide mutualisée ainsi que par les eurodéputés, agacés par des entorses répétées à la démocratie par la Hongrie et la Pologne, toutes deux accusées de violer ce principe regroupant l’indépendance de la justice, de la presse ou le respect des droits fondamentaux. Le plus surprenant est que la Pologne et la Hongrie ont beaucoup à y perdre car les deux pays sont respectivement troisième et quatrième bénéficiaires des fonds européens. En bloquant le dispositif, ils prennent non seulement en otage le programme d’aide aux pays qui en ont le plus besoin, comme l’Italie, l’Espagne, la France ou la Grèce, mais ils se tirent aussi une balle dans le pied.
A la présidence tournante de l’UE, Angela Merkel va devoir user de ses talents diplomatiques pour trouver une solution rapide lors du prochain sommet des Vingt-Sept consacré à la coordination de la réponse sanitaire à l’épidémie. Coutumier de bras de fer avec ses homologues européens, Viktor Orban (premier ministre hongrois) est appuyé cette fois par Jaroslaw Kaczynski (l’homme fort de Varsovie). Le chantage politique des deux pays isolés a peu de chance d’aboutir, mais il a déjà eu pour conséquence de retarder la mise en œuvre du plan de relance. Les membres de l’UE pourraient les prendre à leur propre bluff en décidant de conditionner davantage le versement des fonds structurels au respect de l’État de droit. Bien que leurs fonds européens soient en jeu, les deux trublions se battront jusqu’au bout car il s’agit avant tout d’un combat politique. Mais leur isolement politique pourrait mettre en danger leur attractivité pour les investissements étrangers, à l’heure où l’on pense à rapatrier en Europe certaines chaînes de valeurs industrielles. Premier de leurs partenaires, l’Allemagne dispose de moyens de pression économique.
Nous pensons que cette crise politique connaîtra un dénouement positif d’ici la fin de l’année car si les négociations n’avancent pas, les Etats membres pourraient décider de passer par un véhicule intergouvernemental sur le modèle du MES (mécanisme européen de stabilité) pour verser les aides liées à la crise sanitaire en excluant la Pologne et la Hongrie des aides octroyées. Cette option prendrait du temps et risquerait de diviser les pays européens alors que la solution adoptée en juillet était au contraire une avancée historique vers une intégration forte.
Election présidentielle américaine, Joe Biden bientôt au seuil de la Maison-Blanche
- Un scenario idéal pour les marchés
Tous les quatre ans, le mois de novembre est placé sous les projecteurs de cet évènement majeur. Comme souvent juste avant une grande échéance, les investisseurs s’étaient préparés au pire (légère prise de bénéfices d’environ 6 %). En plus de la deuxième vague de Covid-19, ils redoutaient une vague bleue avec une victoire écrasante des démocrates c’est-à-dire Joe Biden à la Maison Blanche et une large majorité dans les deux chambres du Congrès. Dès le 5 novembre, cette inquiétude a été balayée et les marchés ont rapidement retrouvé de belles couleurs. Ce regain d’optimisme est lié au fait que rapidement il fut acquis que les démocrates n’auraient que très peu de chance de ravir le Sénat aux républicains qui détiennent à ce jour 50 sièges contre 48 aux démocrates (le résultat final ne sera connu que le 5 janvier lors des élections partielles devant attribuer les deux derniers sièges).
Pour les marchés, la couleur du Sénat était le véritable enjeu de cette élection. Cette cohabitation annoncée est une aubaine pour eux. En effet, avec une majorité égratignée à la chambre des Représentants (les démocrates ont perdu quelques sièges lors de cette élection) et un Sénat toujours aux mains des républicains, l’ambitieux plan de relance de 2 000 milliards de dollars souhaité par J. Biden pourrait sensiblement être revu à la baisse. C’est pourquoi le président élu, multiplie les initiatives pour trouver un compromis avec les républicains sur un nouveau plan de relance avant même son investiture prévue le 20 janvier, ce qui participe également à rétablir la confiance.
De même, cette cohabitation annoncée devrait limiter de fait les changements structurels prévus par les démocrates et éviter un dérapage des dépenses publiques financées en partie par une hausse des impôts sur les entreprises. En outre, elle devrait rendre plus difficile la mise en place de nouvelles réglementations dans le secteur de la santé et réduire (sans pour autant l’éliminer) la probabilité d’une modification des lois anti-trust pour limiter l’emprise des GAFAM. Pour finir, avec le « très politique » J. Biden à la fonction suprême, c’est l’assurance d’un fonctionnement plus apaisé entre l’exécutif et le Congrès puisqu’il a siégé 47 ans au Sénat et s’entend bien avec Mitch McConnell le puissant président du groupe républicain au Sénat. Les investisseurs sont également assurés d’être débarrassés d’une source importante de volatilité : terminé les séances secouées par les tweets rageurs et intempestifs de D. Trump. C’est donc un véritable carré magique de conditions favorables qui se profile à l’horizon pour les investisseurs avec la promesse d’une fiscalité plus légère que prévu, des dépenses publiques mieux maîtrisées, une règlementation moins sévère qu’ils pouvaient le craindre pour les groupes pharmaceutiques et les géants du numérique et cerise sur le gâteau, la perspective d’une politique monétaire des banques centrales toujours très accommodante.
- Un scrutin historique et atypique
Ainsi donc, J. Biden s’apprête tranquillement à franchir la ligne d’arrivée d’une stupéfiante course électorale faisant de lui le 46ème président des États-Unis. La Géorgie (terre conservatrice du Sud qui n’avait pas voté pour un démocrate depuis Bill Clinton en 1992) et la Pennsylvanie ont peu à peu basculé en sa faveur après une remontée épique due aux votes par correspondance (que Donald Trump ne manquera pas de contester jusqu’au bout en justice). Après avoir craint, l’espace de deux jours, de revivre un mauvais « remake » du cauchemar de 2016 (« celui qui ne pouvait pas être élu allait être réélu »), le camp démocrate était rassuré quant à l’issue du scrutin. Après une improbable remontée de J. Biden dans les Etats clés du Wisconsin et du Michigan, D. Trump allait échouer à prolonger son bail à la Maison- Blanche. Naturellement, chaque élection doit permettre de désigner un gagnant et un perdant. Néanmoins celle-ci, dont le taux historique de participation aura atteint 66,9 % des 239 millions de votants, se sera jouée sur le fil au terme d’une des batailles électorales les plus disputées des cinquante dernières années. A l’arrivée J. Biden aura remporté 306 grands électeurs (vs 232 pour D. Trump, la majorité est à 270), réuni 51,1 % des votes (vs 47,2 % à D. Trump) et obtenu plus de 80,08 millions de votes (vs 73,9 millions pour son adversaire), un niveau jamais atteint et justement sujet à contestation en raison du poids du vote par correspondance d’un scrutin perturbé par la crise du Covid-19. Cela signifie que J. Biden a remporté ce fameux vote populaire, contrairement à son adversaire qui en 2016 avait été élu avec moins de voix qu’Hillary Clinton. Cette notion de légitimité est primordiale pour assoir avec force la position du nouveau président. Cette absence de légitimité difficile à supporter pour D. Trump lui aura cruellement manqué durant tout son mandat.
Presqu’un mois après l'élection présidentielle, la transition commence enfin. Tout en continuant à refuser d'admettre sa défaite, D. Trump a fini par laisser son administration entamer les procédures de transfert du pouvoir avec le futur gouvernement. Ces derniers jours, la plupart des tentatives légales de ses équipes pour contester les résultats de l'élection présidentielle ont échoué ou ont été rejetées les unes après les autres par les tribunaux faute de preuves convaincantes. La pression d’élus républicains ou de chefs d'entreprise s'était accrue ces derniers jours, rendant l'obstination du président Trump de plus en plus difficile à tenir. Dans l'intérêt du pays, il était grand temps que le processus de transition commence, dès lors que le Michigan et la Pennsylvanie avaient officiellement certifié la victoire de J. Biden. A moins de deux semaines de la réunion du collège électoral, qui devra officiellement élire le 14 décembre prochain le président américain, les chances de D. Trump de changer l'issue du vote sont pour ainsi dire nulles.
- Le " trumpisme " survivra-t-il a Donald Trump ?
Loin d’être rejeté par l’ensemble des Américains, D. Trump a été porté par une lame de fond qui a toutes les chances de durer après lui. D’autant qu’il est autorisé de penser qu’elle a été atténuée par la crise sanitaire sans laquelle il aurait probablement été victorieux. Il a moins été battu par J. Biden que par l’épidémie, contre laquelle se sont fracassés son déni de la réalité et sa démagogie. Battu en termes de votes populaires, le président sortant progresse néanmoins considérablement en nombre de voix par rapport à son élection de 2016. Fait notable, il améliore ses scores auprès des principales minorités notamment celles des hommes et des femmes de la communauté noire-américaine (double des votes vs 2016) et latino-américaine, ce qui confirme les limites de la politique identitaire et montre que le phénomène Trump n’est pas réductible à un seul vote celui de la communauté blanche et rurale ; d’ailleurs cette fois-ci, la catégorie des « hommes blancs » est la seule à avoir moins voté pour lui (contrairement aux femmes), rejoignant massivement les rangs de J. Biden. Son élection en 2016 (tout comme le Brexit) n’était pas un accident de l’histoire et sera sans doute bien plus qu’une parenthèse. Il a rassemblé plus de 73,9 millions de suffrages en 2020 (vs 62,9 en 2016 soit 11 millions de votes supplémentaires) ce qui prouve son enracinement dans le corps politique et social de l’Amérique. La fragile victoire de J. Biden n’effacera sans doute pas le « trumpisme », nouvelle idéologie de la moitié des Américains. Celle-ci devrait survivre et peser durablement sur l’Amérique. J. Biden l’a emporté, il gouvernera dans l’Amérique de D. Trump dont il est l’œuvre, tout comme Trump fut le legs d’Obama.
Brexit, vers une nouvelle date limite
La perspective imminente du Brexit reste l’ultime incertitude qui plane sur cette mémorable année 2020. Même si nous avons beaucoup écrit sur le sujet, nous pensons que les marchés financiers ne devraient pas trop accuser le coup en cas de divorce entre Londres et Bruxelles. Une telle issue, pour ne pas dire un tel échec, ne serait évidemment pas sans conséquences pour les deux camps (cf. nos précédents points mensuels) mais les marchés se sont probablement fait une raison.
Après la sortie institutionnelle de l’Union européenne (UE), le 31 janvier dernier, le Royaume-Uni s’apprête donc à quitter définitivement le marché unique à la fin de l’année, à l’issue d’une ultime période de transition de onze mois (jusqu’ici infructueuse). Alors que les négociations bilatérales sur la relation future sont entrées dans la dernière ligne droite, Boris Johnson, artisan en grande partie du Brexit, fait toujours bonne figure. Le premier ministre britannique entend incarner jusqu’au bout la ligne dure face aux Européens et se dit confiant dans le fait que le Royaume-Uni pourra prospérer sans accord commercial de libre-échange avec l’UE.
Dernièrement, sa position de négociation s’est sérieusement affaiblie. Son projet d’une « Global Britain » (Grande-Bretagne dans le monde), qui enjamberait l’Europe pour commercer avec le monde entier reste toujours à construire et l’espoir d’un rapide traité transatlantique promis par D. Trump avant la présidentielle américaine, s’est évanoui. De plus, la victoire de J. Biden complique l’équation puisqu’en dénonçant l’accord de sortie de l’UE signé il y a tout juste un an à Bruxelles, le gouvernement Johnson s’est mis à dos la future administration démocrate. Le projet de loi sur le marché intérieur britannique, en cours de discussion au Parlement, vise à rayer de ce traité international les dispositions relatives aux échanges entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. Or, J. Biden (dont une partie du sang est irlandais) a récemment rappelé à B. Johnson combien il serait vigilant au respect des accords de paix du Vendredi Saint en Irlande.
Le gouvernement britannique ne peut se permettre d’être en guerre avec l’Amérique et l’Europe. Autrement dit, s’il ne peut miser sur son deuxième partenaire commercial (les États-Unis), il lui sera difficile de rompre les amarres brutalement avec le premier (l’UE), ce d’autant plus qu’à l’inverse de D. Trump, le président élu démocrate pourrait être enclin à privilégier les relations avec les Vingt-Sept plutôt qu’avec la seule Grande-Bretagne.
L’avenir s’annonce donc bien sombre pour le Royaume-Uni car en quittant l’UE, Londres perd aussi les avantages d’une quarantaine d’accords commerciaux passés entre l’UE et des pays tiers. Les promoteurs du Brexit avaient promis que ceux-ci seraient répliqués avant l’échéance du 31 décembre ; plus de quatre ans après le referendum aboutissant au Brexit, le compte n’y est toujours pas. Certes, vingt-quatre accords de ce type ont été passés (Corée du Sud, Chili, Liechtenstein, etc.) et Londres a également conclu son propre traité de libre-échange avec le Japon. Cependant, force est de constater que son gouvernement a un problème de capacité à faire avancer les choses puisque depuis des décennies, le Royaume-Uni a perdu l’habitude de négocier seul des accords commerciaux. Du Mexique au Canada, de Singapour à la Turquie, il en reste une quinzaine à conclure sans quoi le retour de droits de douane avec ces pays pourrait lui coûter 90 milliards d’euros. Si encore une fois la logique pousse pour une solution avec les européens, les trois mêmes sujets de discorde demeurent entre les deux camps (cf. point mensuel d’octobre). Rien ne garantit qu’ils seront surmontés d’ici à la date butoir du 31 décembre, soit dans moins de trente jours. En plus de sa crédibilité sur la scène internationale, B. Johnson joue la montre pour pouvoir vendre un « deal » à son opinion publique. Un « no deal » coûterait à son économie 8 % de PIB à moyen terme, en plus de la facture encore plus salée de l’épidémie de Covid-19. Le chancelier de l’échiquier (ministre des finances) Rishi Sunak n’a-t-il pas averti que le pays subissait sa plus forte récession depuis trois siècles (PIB en baisse de 11,3 % cette année). Nous pensons que B. Johnson veut un accord ; l’instinct et la raison l’y pousseront. En plein choc économique lié au coronavirus, un « no-deal » ajouterait encore au chaos.
C’est donc un euphémisme de dire que le temps va désormais sérieusement manquer, à moins que le Premier ministre britannique n’ait le pouvoir d’arrêter les horloges et de stopper le compte à rebours pour parvenir à un semblant d’accord qui de toute façon serait inabouti. Nous ne prenons guère de risques en indiquant qu’une nouvelle et énième date limite succèdera vraisemblablement à celle du 31 décembre prochain et qu’une sortie sans accord d’ici à la fin de l’année est déjà intégrée par les marchés financiers. Pour rappel, l’indice anglais (Footsie 100) est actuellement l’indice le plus en retrait en Europe (-15 %). L’impact sur nos portefeuilles est assez faible puisque le poids du Royaume-Uni est inférieur à 5 %.
Le Japon sort de la récession
Après trois trimestres de contraction, le PIB japonais a rebondi de 5 % par rapport au trimestre précédent (plus de 21 % en rythme annualisé). Malgré une troisième vague de contaminations, l’économie nippone sort donc de sa pire période depuis Fukushima. Les composantes les plus dynamiques de l’activité ont été la consommation et le commerce extérieur. Alors que le nouveau premier ministre Yoshihide Suga s’est rapidement inscrit dans la continuité de son prédécesseur, les dépenses des ménages ont été soutenues par les chèques envoyés par le gouvernement (équivalent de 850 euros pour chaque citoyen). C’est notamment le rebond de la consommation chinoise qui a permis aux entreprises exportatrices japonaises de voir leur activité rebondir. Cette tendance semble se confirmer puisque l’excédent commercial au mois d’octobre a été plus de trois fois supérieur aux attentes des analystes et que les ventes au détail se sont établies en hausse de 6,4 % alors qu’elles étaient attendues en repli de plus de 7 %.
La Chine continue de tisser sa toile
Le dynamisme asiatique pourrait se renforcer au cours des années à venir à la suite de la signature le 15 novembre d’un gigantesque accord commercial entre quinze pays dont la Chine, le Japon, les pays de l’ASEAN, la Corée du Sud, l’Australie et la Nouvelle Zélande. Regroupant 30 % (soit 2 milliards) de la population du globe, près de 30 % du PIB mondial et 27 % du commerce mondial, il s’agit du plus grand accord de libre-échange de la planète. Né après dix ans de négociations (et la sortie de l’Inde des discussions), il va progressivement faire baisser les droits de douane sur les biens et services au sein de la zone. Comme nous l’évoquions le mois dernier, ce genre d’initiative permet à la Chine de limiter sa dépendance aux Etats-Unis et à l’Europe et de recentrer son modèle de croissance sur le dynamisme local, tout en s’affranchissant d’exigences trop fortes sur les sujets politiques. Cet accord (le tout premier traité multilatéral signé par Xi Jinping) traduit une certaine emprise de la Chine sur la région asiatique et déplace le centre de gravité économique du monde vers la zone Asie-Pacifique où se situe la dynamique de croissance la plus forte au monde. Il met également d’une certaine façon la pression sur les Etats-Unis.
A surveiller dans les prochaines semaines :
- évolution de la pandémie en Europe eu aux USA, calendrier des futures campagnes de vaccination
- poursuite des négociations sur le Brexit
- communications des banques centrales
- résultats des entreprises
Voici les liens d’inscriptions des prochaines visio-conférences :
Jeudi 3 décembre 2020 https://attendee.gotowebinar.com/register/5742048154046934796
Jeudi 7 janvier 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/8916414089738786828
Jeudi 4 février 2021 https://attendee.gotowebinar.com/register/2109152884982516748
Bons investissements à tous, nous vous donnons rendez-vous le mardi 5 janvier 2021 pour le prochain point mensuel, n’hésitez pas à nous contacter : votre conseiller, le service CAPG Gestion Conseillée (pggc@lefil.com) et nous-même (nicolas.duplantier@lefil.com et pierre.kubis@lefil.com) sommes à votre entière disposition.
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Les investissements présentés ici sont dynamiques et présentent un risque de perte en capital
L'adaptation de nos propositions au profil d'investissement de chaque client suit 4 règles principales :
- Cantonnement : définition d'un pourcentage du patrimoine financier soumis au risque, avec un conseil et un suivi global sur la totalité des contrats intégrant ce risque (PEA, CTO et UC d'assurance-vie)
- Diversification : géographique, thématique, devise, différentes stratégies et sociétés de gestion, ne pas empiler du risque par des actifs identiques : lignes différentes entre PEA, CTO et UC d'assurance-vie
- Volatilité/Gestion du risque : risque global (volatilité) relativement faible (par rapport au cac40 ou aux actions en direct par exemple), complémentarité des lignes dans le but de construire un portefeuille équilibré
- Communication/suivi : mail et article mensuel sur www.ca-pg.fr, visio-conférence mensuelle